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 [Saga] Le Meilleur des Mondes

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MessageSujet: [Saga] Le Meilleur des Mondes    Mar 15 Juin - 18:44

Le Meilleur des Mondes
Aldous Huxley


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Le Meilleur des Mondes (tome 1)
Défi, réquisitoire, utopie, ce livre mondialement célèbre, chef-d'œuvre de la littérature d'anticipation, a fait d'Aldous Huxley l'un des témoins les plus lucides de notre temps. Aujourd'hui, devait écrire l'auteur près de vingt ans après la parution de son livre, il semble pratiquement possible que cette horreur s'abatte sur nous dans le délai d'un siècle. Du moins, si nous nous abstenons d'ici là de nous faire sauter en miettes... Nous n'avons le choix qu'entre deux solutions : ou bien un certain nombre de totalitarismes nationaux, militarisés, ayant comme racine la terreur de la bombe atomique, et comme conséquence la destruction de la civilisation (ou, si la guerre est limitée, la perpétuation du militarisme) ; ou bien un seul totalitarisme supranational, suscité par le chaos social résultant du progrès technologique
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Retour au Meilleur des Mondes (tome 2)
Toutes les dictatures n'ont pas la même origine et bien des chemins mènent au " meilleur des mondes ", mais le plus direct et le plus large est peut-être celui que nous parcourons aujourd'hui. Le cauchemar de l'organisation intégrale est déjà pour plus d'un milliard d'hommes une expérience quotidienne. Voilà qui préfigure peut-être, pense Aldous Huxley, l'avènement d'une dictature scientifique dont les sujets encadrés par une armée de policiers " pavloviens " en viendront à aimer leur servitude, renonçant à l'idée même de révolution.
Visionnaire et pamphlétaire de génie, Aldous Huxley développe dans le texte capital qu'on va lire les thèmes abordés dans " Le meilleur des mondes ".
Comment dominer les forces qui menacent nos libertés et affronter l'immense armée des fanatiques voués à leur destruction ? Telle est l'angoissante question posée par ce livre.


informations
TITRE D'ORIGINE : Brave New World
DATE DE PARUTION : 1932
ÉDITION DE LA SAGA : Pocket
RÉSUMÉ DE LA SAGA : Défi, réquisitoire, utopie, ce livre mondialement célèbre, chef-d'œuvre de la littérature d'anticipation, a fait d'Aldous Huxley l'un des témoins les plus lucides de notre temps. Aujourd'hui, devait écrire l'auteur près de vingt ans après la parution de son livre, il semble pratiquement possible que cette horreur s'abatte sur nous dans le délai d'un siècle. Du moins, si nous nous abstenons d'ici là de nous faire sauter en miettes... Nous n'avons le choix qu'entre deux solutions : ou bien un certain nombre de totalitarismes nationaux, militarisés, ayant comme racine la terreur de la bombe atomique, et comme conséquence la destruction de la civilisation (ou, si la guerre est limitée, la perpétuation du militarisme) ; ou bien un seul totalitarisme supranational, suscité par le chaos social résultant du progrès technologique
NOMBRE DE TOMES : 2
EST-ELLE TERMINÉE ? Oui



©️ aurélie

Ton avis
RÉSUMÉ PERSONNEL : /
LA SAGA EN UN MOT : /
UNE CITATION : /
UNE NOTE SUR 10 : 8.5/10
TON AVIS : Bien. Une histoire intéressante, intriguant mais des passages assez lourd. (Pour le T1)
A QUI LA CONSEILLES-TU ? /



Information
Lecture commune de mai/juin 2018 sur le forum.




Dernière édition par Aurélie le Ven 31 Aoû - 9:34, édité 5 fois (Raison : Corrigé par Crazy (25/07/2012))
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MessageSujet: Re: [Saga] Le Meilleur des Mondes    Mar 15 Juin - 18:48

[Transfert de Accros à la lecture]

Commentaire de Inlandsis:

Le meilleur des mondes est un bon livre. Il fait froid dans le dos et pourtant il paraît tellement vraisemblable...

Par contre, je ne l'avais pas trouvé très facile à lire... Pourtant je pense qu'il faut le lire...


Dernière édition par Crazy le Mer 25 Juil - 20:36, édité 1 fois (Raison : Corrigé par Crazy (25/07/2012))
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louve


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MessageSujet: Re: [Saga] Le Meilleur des Mondes    Mar 4 Jan - 19:48

Aldoux Huxley est un écrivain britannique né en 1894 à Godalming, au Royaume-Uni. Il est connu pour son roman le meilleur des mondes, publié en 1931, roman qui n'a toujours pas fini de faire parler de lui. J'avais débuté la lecture au lycée, pour étudier l'œuvre et j'avais trouvé cela indigeste à l'époque. Pourtant j'ai décidé de me replonger dans cette œuvre, et je dois bien avouer qu'au final j'ai adoré ce roman d'anticipation. Le roman démarre très fort avec une visite d'un étrange bâtiment scientifique où se passent des choses qui pour nous sont contre nature, mais qui au contraire fascinent la population du roman (ou du moins les trois quart de la population mondiale). C'est une Utopie que nous montre l'auteur pour la plupart des gens. Seulement au fond, ce roman nous plonge dans un monde et un univers vraiment triste.
Ici les gens ne connaissent pas la maladie, ni la faim et la mort est pour eux une étape nécessaire de leur vie qui ne les effraye absolument pas. Ils sont tous conditionnés pour travailler sans poser de questions et pour se partager, sans y voir aucun problème de polygamie. Car dans le meilleur des mondes, tout le monde appartient à tout le monde. Le mariage n'existe pas et personne ne sait ce qu'il signifie. De même que le terme de Mère et Père et Enfant est totalement inconnu pour les habitants. Ils sont tous élevés dans des éprouvettes, grandissent ensemble et apprennent très jeunes les joies de la sexualité.
J'aime aussi le fait que dans ce roman il n'y a aucune notion de racisme. Du moins pas tel que nous le connaissons, hélas, de nos jours. Dans le meilleur des mondes, les gens ne sont pas jugés par rapport à leur couleur de peau et à leur religion, car la religion n'existe plus, ni même la science. Les gens sont divisés en groupe comme les Epsilons, les Alphas...
Bref, un roman vraiment intéressant et qui nous donne une bonne leçon de vie, surtout avec ce final magnifique, émouvant et plein de poésie, plein de liberté.

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MessageSujet: Re: [Saga] Le Meilleur des Mondes    Sam 8 Oct - 14:10

Merci pour cette fiche ! J'en avais étudié un morceau en classe et j'avais trouvé ça étrange. Maintenant, j'ai très envie de le lire.


Dernière édition par Jacana le Mar 5 Avr - 21:32, édité 1 fois (Raison : [CPJ])
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MessageSujet: Re: [Saga] Le Meilleur des Mondes    Sam 25 Fév - 15:15

Le meilleur des mondes, tome 1

Lorsque j'ai appris que j'allais devoir lire ce roman pour les cours je n'étais pas très emballée. Je ne suis pas une très grande amatrice de science-fiction ni de ce genre d'histoires. Après ma lecture, j'ai un avis très mitigé puisque j'ai noté des points positifs mais aussi des points négatifs. Toutefois, je crois que si j'avais un mot à trouver pour qualifier ce roman ce serait : fascinant.

L'histoire débute assez lentement puisqu'on nous explique comme fonctionne le système de créations des embryons. Qui sont les Alphas, les Bêtas, les Deltas et les Epsilons, quel est leur rôle dans ce nouveau monde. J'ai particulièrement aimé comment l'auteur décrit cet univers. Les mœurs ne sont plus du tout les mêmes.
Les gens vivent comme s'ils appartenaient à tous. Les notions de fidélité, de mariage et de la morale comme on la connaît encore aujourd'hui n'existent plus. Les enfants tous élevés dans des centres de conditionnement ne comprennent pas les concepts de liberté et même ceux de père et mère. On a délibérément effacé toute trace de la science, de l'Histoire avant la nouvelle ère, celle de Notre Ford, si je me souviens bien.
Pour le lecteur, c'est déstabilisant de se retrouver dans un monde totalement contraire au nôtre. Par contre, ce que j'ai moins aimé c'est le manque de réels rebondissements comme s'ils étaient tellement travaillés qu'au final il n'y a plus aucune surprise.

On parle beaucoup du personnage de Bernard Marx, un Alpha aux idées complètement différentes des autres. Il est très souvent rejeté par tous et surtout par le femmes puisque son allure n'est pas celle d'un vrai Alpha. Il est l'un des personnages principaux mais j'ai trouvé qu'il manquait un peu de profondeur comme si on en était resté à la surface. Il est arrivé la même chose avec le personnage de Lenina Crown qui est le personnage qui nous fait voir exactement la réaction de tous face aux idées différentes qui sortent du cadre du conditionnement. Il lui manque aussi un petit quelque chose qui l'aurait rendu plus vrai.

Le personnage que j'ai le plus apprécié est John. John le Sauvage celui qui vient d'une réserve reculée ou les gens vivent encore comme autrefois (c'est-à-dire comme nous).
Il est selon moi le personnage le plus travaillé le plus profond et le plus attachant.
Ses émotions nous sont plus décrites et, puisqu'il semble être le seul personnage nous ressemblant le plus, il a, disons, quelque chose de particulier.

Le style d'écriture d'Aldous Huxley est très précis et plein de détails. Ce n'est pas un texte très aisé à lire puisqu'il y a énormément de choses à retenir et parfois il est un peu confus. Il m'a fallu beaucoup temps pour le lire et bien le comprendre. Certains passages étaient assez long mais une fois passés le reste est captivant.

En somme, j'ai apprécié ce roman qui m'a amenée à réfléchir et à me questionner sur bien des aspects de la société, qui m'a permis de découvrir un tout autre genre.
Je ne le conseille pas aux plus jeunes qui pourraient ne pas bien le comprendre et s'en lasser très vite.

_________________________________________________

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MessageSujet: Re: [Saga] Le Meilleur des Mondes    Sam 21 Juil - 14:02

Attention, cette chronique part dans tous les sens et j'en suis désolée red

Le meilleur des mondes est une utopie où l’idée du bonheur permanent est atteinte, où les guerres ne sont plus, où la vieillesse physique n’est plus qu’un lointain souvenir et où chaque être est assigné à la tâche qui lui convient. Mais qu’est-ce que le bonheur quand l’idée de malheur devient abstraite ?

Dans ce futur utopique, Aldous Huxley nous propose une société où tout ce qui pouvait déclencher passion, rivalité, envie ou espoir a disparu. Une société où le seul but des êtres humains est d’abattre le travail pour lequel ils sont conditionnés afin d’ensuite se laisser aller à des loisirs leur faisant se sentir bien. La gestation naturelle n’est plus, la fécondation n’est plus qu’in vitro et la notion de famille a disparu, permettant de ne pas créer de clans autres que ceux des classes sociales. Et ces classes sociales sont minutieusement maintenues : les êtres humains au bas de l’échelle (Delta et Epsilon) ne sont pas capables de comprendre leur condition tout comme ceux du haut de l’échelle (Alpha) sont satisfaits de leur place. Le meilleur des mondes est celui où l’ambition n’existe plus, où l’amour est une chimère et où les possibles émotions sont balayées grâce à une drogue efficace.

Lorsqu’un être humain met en péril cet équilibre, cette stabilité, il est rapidement repéré et neutralisé. Rien ne doit venir perturber cette société dont les rouages sont huilés à la perfection. Les raisons de venir faire dérailler la machine sont pourtant nombreuses et incarnées par différents personnages.

Bernard Marx, lui, est un Alpha plus dont le physique ne colle pas à sa caste : plus petit, plus mince ; sa différence dans un monde où chaque classe possède ses critères bien définis le font se sentir méprisé. En ayant conscience de sa différence, il manque de confiance en lui et prend surtout conscience d’être une entité à part entière et pas seulement une partie d’un tout. Cette prise de conscience du moi est dangereuse pour l’équilibre parce qu’elle pousse Bernard à agir pour son image, à se démarquer dans quelque direction que ce soit : en se rebellant ou en communiant avec le système. Sa frustration le pousse à vouloir briller coûte que coûte, sans réfléchir aux conséquences. Sa différence le rend inadapté à cette société qui ne laisse rien au hasard.

Helmholtz Watson, Alpha plus, est aussi inadapté à cette société, il a cette conscience de son individualité mais de manière différente. Ce n’est pas par frustration car tout lui sourit, c’est par le fruit de sa réflexion, par sa conscience du monde, de la vacuité de son existence, de l’absence de rôle significatif à jouer. Son intelligence est trop élevée pour entrer dans le moule. Il incarne les érudits qui cherchent un sens à la vie et qui ne parviennent pas à la satisfaction de l’existence.

Lenina Crown, Bêta plus, est parfaitement conditionnée. Elle incarne la poupée parfaite, qui plait aux hommes, qui fait ce qu’on attend d’elle. Seulement, elle tend à avoir des relations sociales qui sortent de l’ordinaire : elle s’attache aux gens, elle ressent naturellement une certaine passion et aussi de la compassion. Elle incarne l’amour, sentiment qui a été banni de la société car incompatible avec l’équilibre.

Linda, Bêta moins, est l’incarnation du conditionnement parfait et de l’être qui reste dans le moule malgré l’évolution dans une société instable. Perdue dans la « Réserve pour sauvages », elle ne s’est jamais adaptée à la vie des sauvages, des non-civilisés à cause de son conditionnement. Exclue de cette société « sauvage », la sénilité l’atteint. L’enfant qu’elle a eu par voie naturelle va à l’encontre de son conditionnement, elle le déteste autant qu’elle l’aime : le conditionnement s’oppose à l’instinct chez elle mais elle se sent libérée quand on lui permet de retrouver son moule pour y finir ses jours. Pour Linda, incarnation de l’être conditionné perdu une fois sorti de ce qu’elle connaît, la liberté passe par l’enfermement dans la société « civilisée » car elle n’a pas cette conscience de l’individualité. Ses repères sont uniquement liés au conditionnement.

John, « le Sauvage », est né dans la Réserve mais a toujours été rejeté de par sa différence : quelle que soit la société, la différence est une tare, la différence pousse à la conscience de son individualité et à la souffrance. Mais John est éduqué, John réfléchit et il se sert de cette souffrance pour se construire. Il est le miroir du lecteur, celui qui a grandi à l’état sauvage, souffre mais reste digne, cherche à comprendre la « civilisation » mais n’en retient que ses travers. Il est l’esprit critique extérieur à qui il manque cependant encore un peu de travail pour user au mieux de sa réflexion, dont la limite s’exprime dès qu’il se met à citer Shakespeare, dont les œuvres sont le seul repère intellectuel qu’il possède.

Enfin, Mustapha Meunier, Alpha plus et administrateur mondial, représente le réalisme. Il a conscience du monde, du moi et des travers de cette société civilisée mais il sait que cette stabilité a un prix. Il sait que ce conditionnement permanent est la seule manière de ne pas voir les rouages sauter. Il fait lui aussi preuve de compassion en permettant aux êtres conscients de leur individualité et aspirant à plus d’aller vivre dans un ailleurs plus en adéquation avec leurs attentes. Il a le côté dérangeant de ces dirigeants du monde qui traitent la masse comme des pions sans réflexion et qui estiment que c’est pour leur bien.

Aldous Huxley nous offre à travers une écriture tantôt incisive, tantôt traînante, une utopie où l’abolition des sentiments et de la réflexion permettent une stabilité politique sans faille. Ce monde fonctionne uniquement parce que la masse ne réfléchit pas et c’est le constat de l’auteur : seul le totalitarisme permet une société sans faille. Seule l’annihilation de certains instincts permet la domestication de l’Homme. Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit : domestiquer l’Homme pour l’empêcher d’avoir conscience de sa réalité.

Même si Le meilleur des mondes n’est plus très loin d’atteindre le centenaire, il reste atrocement réaliste sur la société actuelle, et visionnaire. Le parallèle qui peut être fait entre l’utopie d’Huxley et notre société est glaçant. Nous vivons dans un monde où les classes sociales sont maintenues, où des besoins sont créés par conditionnement, où la moindre réussite est encouragée et immédiatement enviée mais où elle ne risque pas de venir ébranler le pouvoir en place. Nous sommes conditionnés à travailler comme des forcenés pour pouvoir ensuite profiter de notre temps libre, à amasser des richesses pour nous empresser de tout dépenser. Le travail que nous fournissons n’est destiné qu’à enrichir les hautes sphères et nous laisser croire que nous pouvons avoir une vie meilleure. La société nous encourage à faire un travail « qui nous plait » pour s’assurer que nous le ferons bien et longtemps, que nous nous y dévouerons corps et âme. La différence est sans cesse pointée du doigt, il faut toujours qu’il y ait des gens en-dessous de nous pour que nous puissions nous dire « je suis bien où je suis, il y a toujours pire ».

Notre soma à nous passe par le divertissement de masse, par ces événements qui peuvent nous endormir quelques temps pour nous faire oublier la misère du monde. Mais tacler les gens qui acceptent cette dose de soma n’est pas la solution, à l’image de ceux qui se sont régalés récemment de mépriser les adeptes de football, contents pendant un mois d’avoir pu oublier la dureté de la vie en communiant ensemble devant des matchs, comme moi. S’en prendre au peuple qui cherche la moindre source de bonheur et d’oubli de la solitude c’est se tromper de cible, comme toujours, et c’est surtout se diriger vers la cible qu’on nous désigne. Aldous Huxley l’a bien montré dans son utopie : c’est en poussant les gens à mépriser ceux qui sont en-dessous qu’on les empêche de s’en prendre à ceux qui sont au-dessus. Il est toujours plus facile de mépriser le bas peuple que les élites, parce qu’il nous a toujours été enseigné de vouloir atteindre les hauteurs pour s’extraire des méprisables profondeurs. Pourtant, en élevant notre esprit avant notre condition sociale, nous avons beaucoup plus à gagner et ce sans avoir à écraser les autres.

Le meilleur des mondes est un roman d’anticipation superbe, qui m’a fait réfléchir, m’a glacé le sang chaque fois que j’avais l’impression de lire une situation familière. Mais c’est aussi un roman qui m’a poussée à me poser certaines questions sur les réelles préoccupations de l’auteur : le malaise constant que j’ai ressenti en lisant ce livre est encore là après en avoir digéré l’histoire. Huxley dénonçait-il réellement cette utopie qu’il décrit ? Je n’en suis pas certaine, surtout à la seconde lecture de sa préface de l’édition de 1946. Huxley semblait plutôt imaginer à quoi ressemblerait un monde bien organisé, bien stable et où les instincts de l’être humain pouvaient être contrôlés. Et il reste cette sensation, cette idée selon laquelle seule l’élite intellectuelle a droit à la liberté, a droit à son Eden quand elle ne peut se fondre dans le moule où l’être humain n’est qu’un outil pour produire. Mon malaise s’accentue à mesure que j’avance dans ma réflexion parce que, dans toutes les directions, il y a toujours ce résultat final où une élite doit diriger la masse. Dans Le meilleur des mondes, les êtres humains ne reçoivent que l’éducation qui leur est nécessaire à faire tourner la machine selon leur rang : aujourd’hui, nous vivons ce modèle malgré l’illusion de l’égalité des chances. Dans sa préface de 1946, Huxley en arrivait au constat que son utopie, qu’il supposait pouvoir se réaliser en 600 ans au départ, pouvait finalement se mettre en place au bout d’un siècle. Je finis par croire qu’il n’avait pas tort et c’est sûrement ce qui me fait bouillir aujourd’hui dès que les politiques français ouvrent la bouche : je ressens les mêmes émotions que lorsque j’ai lu les explications de Mustapha Meunier. Les hommes politiques, cette élite auto-proclamée et au ticket d’entrée bien trop rare, posent sur nous, le peuple, un regard méprisant non pas parce qu’ils nous détestent mais parce qu’ils sont persuadés d’être les seuls capables de faire tourner le pays. Et notre avis importe peu puisqu’à leurs yeux nous n’avons aucune légitimité pour émettre une idée, aussi fonctionnelle soit-elle. Ce goût amer sur ma langue a été ravivé par cette lecture et, en ça, je peux dire que Le meilleur des mondes est une lecture que je n’oublierai pas.

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MessageSujet: Re: [Saga] Le Meilleur des Mondes    Mar 6 Nov - 17:32

Livre acheté, je n'ai pas lu vos blablas pour ne pas me faire divulgâcher l'histoire. Juste feuilleté comme ça, j'ai vraiment hâte de le commencer !
(D'ailleurs, je ne savais qu'il y avait une suite ! Shocked)


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MessageSujet: Re: [Saga] Le Meilleur des Mondes    Mar 6 Nov - 17:49

À mon souvenir, la suite n'est vraiment une suite à proprement parler... Mais je ne pourrais pas en dire plus. C'est fou ! Je ne me souviens aucunement de ce qui se passe dans le livre... Peut-être que le relire aujourd'hui serait une autre expérience !

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MessageSujet: Re: [Saga] Le Meilleur des Mondes    Mar 6 Nov - 19:17

Tu l'as lu il y a longtemps ?


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MessageSujet: Re: [Saga] Le Meilleur des Mondes    Mar 6 Nov - 21:41

Oui lol 8 ans au moins ! C'était une lecture obligatoire à l'école.

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