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 [Libella] « Les Ombres de Kittur » d’Aravind Adiga

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Aëla


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MessageSujet: [Libella] « Les Ombres de Kittur » d’Aravind Adiga   Sam 15 Oct - 17:58

Critique pour « Les Ombres de Kittur » d’Aravind Adiga
Je remercie les Éditions du Groupe Libella pour ce premier partenariat, ainsi que le staff des Accros et Mordus de lecture pour avoir mis en place ces partenariats.

Kittur, une petite ville située au Sud de l’Inde où nous transporte Aravind Adiga, tel un guide touristique ayant pour but de balader le voyageur égaré dans tous les coins et recoins. En sept jours, séjour minimum recommandé, le lecteur passera par divers endroits comme le port, le cinéma Angel, ou Lighthouse, emmené par un fin connaisseur des lieux. A chaque chapitre, une étape de la visite : tout d’abord, une courte présentation du lieu dans lequel le lecteur se situe pour ensuite se plonger dans la vie d’un habitant vivant à proximité. Quatorze nouvelles, traitant de toutes sortes de sujets : les castes, les religions, le travail, les immigrés, les enfants vivant dans les rues, comme si Kittur à elle seule regroupait le pays tout entier. Glissées entre deux chapitres, quelques informations concernant cette ville sont dévoilées par l'auteur : son histoire, les langues qu'on y parle, ou encore quelques chiffres à son propos, pour ne pas perdre l’étranger qui découvre une culture différent de celle qu’il connaît.  

Qui croise t-on ? Dans la rue, Soumya, fille d’un ouvrier pauvre doit se débrouiller seule en mendiant pour trouver l’argent qui lui permettra de se procurer de l’héroïne pour son père. Gurujav, journaliste, doit se faire à l’idée que la liberté d’expression dans les journaux n’est en fait qu’une illusion bien camouflée par l’Etat. George D’Souza, embauché par Mrs Gomes  pour les travaux de jardinage, ne parvient pas à camoufler son admiration face à la maîtresse de maison, et il en payera les conséquences. N’ayant pas pu être mariée à un homme faute de dot, Jayamma, quant à elle, est condamnée à être la cuisinière des plus riches, l’argent de son salaire étant touché par sa belle-sœur. Chenayya, livreur d’objets tous aussi lourds les uns que les autres, voudrait bien changer sa condition et celle des autres, mais il va enfin comprendre qu’il est condamné à ce travail de toute labeur toute sa vie. Shankara, subissant les moqueries de ses camarades à l’école parce qu'elle appartient à une caste inférieure, décide de se venger de ses professeurs et camarades en posant une bombe dans la classe.  Abbasi, propriétaire musulman d’un atelier de broderie où les femmes sont condamnées à devenir aveugles à cause de la minutie des travaux à effectuer, corrompt les riches et ne se laisse pas berner par les faux fonctionnaires.

Des hommes, des femmes et des enfants, d’origines ethniques et de castes différentes, parfois contraints de se battre pour survivre, quittes à employer tous les moyens nécessaires pour parvenir à leurs fins, tandis que d’autres sont soumis à des problèmes plus personnels, leur bonheur n’étant pas totalement au rendez-vous…

Attirée par l’Inde, sa culture et son histoire, c’est avec joie que j’ai lu Les Ombres de Kittur, un livre qui montre au lecteur occidental combien l’Inde a encore de grandes difficultés économiques, politiques et sociales. Les quatorze nouvelles traitent de tous les sujets, qu’ils concernent les problèmes de caste, les dures conditions de vie des ouvriers, les religions, les différences entre les jeunes enfants riches ou les plus pauvres. Personnellement, je ne m’étais pas attendue à ce qu’il y ait autant de problèmes dans ce pays. La drogue, la corruption, la misère et la souffrance font partie du quotidien des plus pauvres, malheureusement. A travers la vie de ces personnages, le comportement de chacun est justifié : celui qui a faim est prêt à tout pour gagner son morceau de pain quotidien, même si sa tâche est ingrate et qu’on l’exploite. La plupart des personnes riches exploitent les ouvriers et n’hésitent pas à montrer leur cruauté, sachant bien évidemment que l’ouvrier se taira pour garder son poste et ainsi nourrir sa famille.  Elles préfèrent parfois fermer les yeux devant la pauvreté. De toute manière, l’argent coule à flot pour les plus fortunés, pourquoi donc se soucier des miséreux ?  

Je garde un avis très positif de cette lecture, riche et intéressante. J’ai maintenant une autre vision de l’Inde que celle, très colorée et lumineuse, des films de Bollywood, ainsi que des magnifiques bâtiments vus dans les photos de vacances de mes proches. Des éléments que le voyageur ne pourrait pas apercevoir au premier abord. Transporté dans le quotidien des Indiens, il en apprend un peu plus sur leur manière de vivre, sur leurs buts et leurs projets dans l’avenir.

L’auteur apporte une vision tantôt sombre, tantôt lumineuse de l’Inde dont il est originaire. C’est un livre qui met le lecteur face à la dure réalité,  aux difficultés de ce pays et au triste sort de certains personnages, chose qui ne m’a pas laissée indifférente. J’ai dévoré le livre tellement il m'a emportée. Je le recommande à tous les curieux de l’Inde !

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Dernière édition par Aurélie le Ven 13 Sep - 15:39, édité 2 fois (Raison : Corrigé par Lolly)
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