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 L'ère des phalanstères

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Lady Swan


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MessageSujet: L'ère des phalanstères   Mer 29 Fév - 1:01

L'ère des phalanstères
Gil Braltard



informations
TITRE D'ORIGINE : -
DATE DE PARUTION : 2012
NOMBRE DE PAGES : 251
ÉDITION DE TON LIVRE : Editions Céphalaîs
QUATRIÈME DE COUVERTURE : Gaïa, malgré notre bassesse et notre malfaisance, a eu pitié de nous. Des terres que nous avions rendues stériles, Elle a fait surgir de resplendissantes fleurs. Elle nous a envoyé ses messagers, les prophètes Ubik et Florem et leur armée de serviteurs qui nous ont aidés à construire les phalanstères, ces arches de paix et de liberté où nous sommes choyés comme des princes. Oui, en vérité je vous le dis, par saint Joseph-Proudhon, saint Charles-Fourier, saint James-Lovelock et tous les autres saints de la Floraison, il n'est pire pécheur que celui qui tourne le dos à notre Bonne Mère.
Gaïa a instillé la Peur en nous pour qu'elle nous détourne de l'Extérieur. La Peur est un mal nécessaire. Elle nous rappelle à tout moment que la liberté physique est une illusion. Que représente en effet cette insignifiante liberté en comparaison de celle de projeter notre esprit où nous le désirons ?
En pensées seulement tu voyageras. Le rêve rend libre, mes chers frères et sœurs, n'oubliez jamais cette sainte maxime, le rêve rend libre.

Y A-T-IL UNE SUITE ? -



© aurélie

Informations
INFOS : Présenté dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Céléphaïs




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"Quoi que tu rêves d’entreprendre, commence-le. L’audace a du génie, du pouvoir, de la magie."
Johannes Wolfgang von Goethe


"La seule connaissance authentique naît de l'amour universel. Lorsque nous aimons, nous souffrons de toutes les formes d'oppressions et de toutes les dictatures: et nous désirons lutter pour la liberté , pour la justice, et pour tous ce qui peut favoriser la dignité humaine" Antoni Tàpies, "La pratique de l'art"

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Aurélie


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MessageSujet: Re: L'ère des phalanstères   Dim 1 Avr - 12:51

J'ai enfin posté ma chronique sur le forum ! Il était temps ! Bon, petit ajout pour les curieux : Gil Braltard est en fait le pseudo de Hicham Charif pour ceux qui aimeraient trouver ses autres publications wink

La Terre, dans un siècle, ça donne quoi ? Il suffit de se plonger dans le roman de Gil Braltard pour avoir droit à son hypothèse sur la future vie des hommes. À travers l'épopée de deux personnages vivant deux vies complètement différentes, Mikhaïl (dont le prénom n'est certainement pas laissé au hasard) et Inako. Mikhaïl vit dans le confort, l'aisance et il a tout pour être heureux. Le jeune homme est bien entouré et la technologie développée de son époque le sert mais elle ne le comble pas. Un soir, alors qu'il survole une zone désertique, il remarque un comportement étrange chez un troupeau mammifères, un phénomène qui va le pousser à se poser de nombreuses questions et à se positionner face à l'hostilité de la réalité... Inako, elle, vit dans un phalanstère, un lieu de vie fermé où Gaïa, déesse ultime, aurait parqué ses enfants pour les sauver de la planète en déclin. Ils ne peuvent sortir, les prêtres des lieux leur rappelant sans cesse que l'air au dehors est mortel... Mais Cassius, l'ami d'Inako, comprend vite que c'est un mensonge...

Ce roman d'anticipation m'a passionnée. Je n'aime pas le genre en général, j'ai toujours du mal avec la science-fiction, avec les robots, les scenarii catastrophes mais là, j'ai été conquise. Le style de l'auteur est franchement agréable, il réussit à faire passer avec facilité les termes bien SF ce qui m'a personnellement permis d'accrocher à l'historie dès les premières pages. L'alternance des chapitres entre les phalanstères et le monde "libre" est une méthode qui permet de faire facilement le parallèle et surtout qui laisse la possibilité de comprendre au fur et à mesure ce qu'il se passe, qui tire les ficelles de ce monde qui pourrait finalement un jour être le nôtre. C'est un roman qui pousse à se poser des questions sur notre monde capitaliste, sur les conséquences que son fonctionnement pourrait avoir à long terme et sur qui trouverait les solutions le moment venu. Le sommet international traitant de cette solution justement est tout simplement immonde et tellement réaliste à la fois : Gil Braltard nous met face à son hypothèse sur l'avenir, une hypothèse qui tient largement la route quant à la façon dont les choses pourraient tourner... Se dire qu'une poignée de "grands" de ce monde choisirait la voie finale de milliards d'individus n'est pas insensé quand on voit comment tourne actuellement le monde...

Les personnages du roman sont tous intéressants, chacun à leur manière. Mikhaïl est un jeune homme qui a tout ce dont il peut rêver et c'est le vide qu'il ressent, ce sentiment du petit quelque chose qui cloche qui fait de lui un homme à part, un homme digne d'intérêt. Il n'abandonne pas, il cherche des réponses et il n'a pas la mentalité que son entourage et notamment son maître voudraient qu'il ait. C'est grâce à son Dom (robot) qu'il peut réussir à s'émanciper du contrôle de l'interconnexion mondiale : ce robot est juste mon personnage préféré. Il est drôle, malin et sans lui, ce roman ne serait pas le même. M'étaler sur son cas n'est pas possible malheureusement sachant qu'il a son petit rôle à jouer dans le dénouement. Inako, elle, est une jeune fille qui n'a connu que l'enfermement et l'endoctrinement. Ses rêves, ses questions et ses espoirs font d'elle une héroïne à art entière : comme Mikhaïl, elle se réveille tout au long du roman, elle comprend que quelque chose ne va pas et passe de la disciple sage à une rebelle prête à lutter pour la liberté. Elle est celle qui vit le plus grand drame au cours du roman, dommage que ce ne soit pas légèrement plus approfondi d'ailleurs. Son "père" spirituel est une ordure, une ordure de la pire espèce, comme le guide de Mikhaïl d'ailleurs... Cassius, lui, est un peu le guide d'Inako : comme le Dom aide Mikhaïl, Cassius aide Inako en lui confiant ses doutes et ses découvertes, notamment le fait que respirer l'air de l'extérieur n'a rien de dangereux, bien au contraire...

Le côté positif du roman est son accessibilité : tout le monde peut le lire, les passionnés du genre ou les récalcitrants, comme moi. Les jeunes comme les moins jeunes, les grands lecteurs comme les petits lecteurs et c'est ce langage universel qui fait de ce roman un très bon ouvrage. Le petit bémol reste peut-être les révélations en masse à la fin et le petit pingouin que l'on a du mal à bien comprendre de suite mais au moins, ça nous pousse à faire fonctionner nos neurones et c'est pas si mal.

En somme, un roman qui se dévore, des personnages attachants sur lesquels on ne peut que porter un grand intérêt et un style qui empêche de reposer le roman une fois commencé. C'est envoûtant, c'est passionnant et ça pousse à réfléchir à notre situation actuelle et à celle à venir : est-ce que le but d'un livre n'est pas de nous apporter quelque chose ? Pour moi, si, et là, Gil Braltard m'apporte beaucoup avec sa vision des choses, une vision qui rappelle qu'il y a du bon et du mauvais partout... Un seul regret : j'en aurais voulu plus ! Plus de pages, plus d'histoire pour continuer cette aventure !

Merci au forum et à la maison d'édition pour cette découverte, merci à l'auteur pour son ouvrage et l'excellent moment passé et franchement, n'hésitez plus, lisez-le !

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Dernière édition par Crazy le Ven 3 Aoû - 23:28, édité 1 fois (Raison : Corrigé par Crazy (03/08/2012))
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MessageSujet: Re: L'ère des phalanstères   Sam 30 Juin - 10:36

Avec un petit retard dans la bibliothèque, voici ma critique !
J'ai beaucoup aimé celle d'Aurélie, et j'ai hâte de lire les critiques suivantes du tour.


L’ère des phalanstères… Tout d’abord, j’ai beaucoup aimé le nom (ou le pseudonyme, je ne sais pas trop) de l’auteur : Gil Braltard. Cela fait très détroit, j’aime et je retiendrai facilement. Pour ce qui est du titre, je l’ai trouvé mystérieux, attirant et j’ai été charmée par la couverture, chose plutôt rare. Elle est très jolie et on la comprend encore mieux une fois qu’on a fini la lecture, qu’on ferme le livre et qu’on l’observe longuement, le temps de se dire : waouh… sacrée aventure.

En bref, j’ai énormément apprécié cette lecture. C’est un roman de science-fiction agréablement surprenant. Très prenant. L’écriture est douce, elle coule toute seule et fait des fantaisies de la SF une superbe aventure forte en émotions. L’intrigue est là, pesante, intrigante, elle nous tient en haleine et nous empêche de reposer le livre avant d’en lire un chapitre en plus, puis un autre et encore un autre… Il est complexe en matière d’évolutions techniques mais les descriptions n’ont aucune lourdeur et sont, finalement, dépourvues de complexité. Tout est facilement compréhensible et c’est, à mon avis, ce qui rend un roman de SF mieux abordable.

Le roman est construit sur une alternance de chapitres pour créer un parallèle entre deux « mondes », enfin, c’est ce que nous comprenons une fois le nombre de pages déjà bien écoulé. Nous avons donc affaire à deux aventures, différents personnages, et nous n’attendons qu’une chose : que les deux mondes se découvrent et se rejoignent.

Les personnages sont extrêmement attachants, comme dans tout bon roman. J’ai tout de suite adoré Watson, un major DOM (une sorte de robot amélioré) au service d’un des personnages principaux. Il m’a fait beaucoup rire avec son caractère et ses répliques cinglantes pleines de rimes. Très amusant et très imposant en même temps. On sent que ce sera un personnage important !

J’ai réussi à me créer un autre monde dans ma tête grâce à la plume de l’auteur. Il m’a littéralement transportée vers un monde futuriste, certes, mais pas si insensé que cela ! C’est d’ailleurs en ce sens que ce roman m’a marquée : il ouvre sur de lourdes réflexions quant à l’avenir de notre propre planète et de l’humanité toute entière.

À certains moments, je me suis surprise à penser que cette aventure était peut-être digne d’une aventure de Barjavel, en tout cas dans le fond, pas du tout dans la forme.

En essayant d’être concise, je dirais que c’est une très belle aventure, le thème est envoûtant, les personnages sont sympathiques et ont un caractère touchant. Le livre est plein d’humour et en même temps de gravité. Je pense qu’il pourrait faire un super scénario pour un film.

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Dernière édition par Crazy le Mer 10 Oct - 14:42, édité 1 fois (Raison : Corrigé par Crazy (10/10/12))
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MessageSujet: Re: L'ère des phalanstères   Ven 20 Juil - 20:05

Ce roman est un véritable coup de cœur pour moi. Je remercie très chaleureusement La Maison Céléphaïs et le forum pour ce partenariat.

Tout d'abord le surnom de l'auteur fait sourire: Gil Braltard. Cet auteur a écrit d'autres œuvres sous son vrai nom : Hicham Charif.

Dans ce roman nous suivons deux histoires en parallèle : celle d'Inako, une jeune fille vivant dans un phalanstère et celle de Mikhail qui vit à l'extérieur de ces phalanstères.

Inako a une vie paisible dans son petit monde mais elle ressent comme un manque. Elle apprécie de voir le coucher du soleil alors que d'autres en sont malades et elle se questionne. Les sorties à l'extérieur du phalanstère de sont pas autorisées. Cependant, certains ne résisteront pas à la tentation. Mikhail vit à l'Extérieur. Un jour, alors qu'il survole le désert, des animaux agissent bizarrement. Mikhail tentera de comprendre ce comportement.

Ce roman d'anticipation m'a fait penser à Orwell, Barjavel ou encore Asimov. Cependant, ce n'est pas de la science fiction classique. Il y a plus d'émotions, les personnages sont des acteurs importants... En plus de nous faire penser à certains autres romans, l'auteur parle de célébrités actuelles dans son récit. Tout cela rend le récit très réaliste et peut nous faire penser à un futur proche…
Les personnages sont très réalistes. En effet, l'auteur semble avoir cerné l'homme : il y a des pourris, des curieux, des soumis, des corrompus, des rebelles, des têtes… Tout ce mélange rappelle au lecteur le monde dans lequel il vit. Les personnages évoluent durant le récit en fonction de leurs expériences et de leurs émotions : les "sorties" par exemple, changent leur perception du monde Extérieur. Cette évolution contribue également au réalisme du récit.
La technologie est très présente aussi. Les gens vivent grâce aux robots et aux intelligences artificielles ainsi qu'aux nombreuses avancées qui ont eu lieu peu de temps avant le commencement de l'ère des phalanstères.
Cette technologie est peut-être ce qui nous éloigne le plus du monde réel lors de la lecture : en effet, elle est très avancée et reste à l'état de fiction à l'heure d'aujourd'hui.

L'auteur a une écriture fluide et simple, accessible à tous. Tous les clins d'œil ne seront peut-être pas compris par tous mais ils ne sont qu'une petite goutte d'eau dans tout un océan.
J'adore ce genre littéraire et je n'ai pas du tout été déçue. Ce roman est prenant et nous donne à réfléchir je le conseille à beaucoup de personnes.

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La seule erreur est de ne pas essayer !


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MessageSujet: Re: L'ère des phalanstères   Ven 3 Aoû - 11:30

Encore un partenariat que je ne regrette pas. Et pourtant, je n’ai jamais été friande de science-fiction. Peut-être parce que tout ce que j’avais lu jusqu’à présent était bien éloigné de la définition du genre. Voilà un livre qui nous en rapproche, mais surtout qui nous en met plein les yeux. Bref encore une bien belle découverte grâce au forum le Sanctuaire de la lecture et aux éditions Céléphaïs.

Je dois avouer que je me suis inscrite à ce tour sans même avoir lu le résumé, la beauté de la couverture ayant confirmé mon choix sans me laisser le temps d'y jeter un coup d'œil. L’eau a toujours été un élément qui m’a fascinée, je ne pouvais donc qu’aimer les vagues d’un océan déchaîné en première page. Ce n’est qu’une fois le livre en main que j’ai remarqué le désert chaud et brûlant en arrière-plan. Deux éléments de décor qui prennent tout leur sens au dénouement de l’intrigue. Ils représentent le tout et le rien en parfaite harmonie et donnent, malgré l’océan déchaîné, une impression de calme, de vide et de solitude. Sentiments que l’on retrouve tout au long du roman, d’ailleurs. Un petit mot tout de même sur le quatrième de couverture, que j’ai finalement lue. Bien que long, il laisse planer le doute et le mystère sur cette lecture, de telle manière qu’on a tout de suite envie de s’y plonger pour en dévoiler tous les secrets. Un aspect visuel donc très prometteur, qui m’a totalement subjuguée.

Sur l’écriture de l’auteur maintenant. En voilà un qui a l’art de manier la plume avec une incroyable dextérité. On croirait presque s’immerger dans de la poésie écrite en prose, mais en beaucoup plus intéressant. Que ce soit dans la description ou dans les dialogues, on ressent ce que l’auteur écrit. Chaque page que l’on lit semble s’éveiller pour nous faire voyager d’un moment à l’autre de l’histoire, c’est comme un rêve dans lequel on serait conscient sans pouvoir décider de ce que l’on peut y faire. Bien que complexe, son écriture reste fluide et facile à lire. En une phrase où les mots semblent avoir été choisis avec minutie, il peut nous faire ressentir une palette d’émotions allant du malaise à la joie, en passant par la tristesse et les larmes. C’est donc avec regret que l’on referme ce livre, voulant savourer plus encore cette magie dans laquelle il nous a plongés.

Passons maintenant aux personnages, qui sont de véritables chefs-d’œuvre à eux seuls. Dans son roman, Gil Braltard met en scène deux personnages que tout sépare et qui semblent n’avoir pour seul point commun le fait d’être dans un même roman. Mikhaïl, un jeune riche élevé sur notre bonne mère la Terre, paraît, à ses débuts, prétentieux voire suffisant mais il laissera apparaître plus tard des qualités qui font de lui un cœur en or, qui le rendent attachant et qui ont fait de lui mon personnage préféré. De l’autre côté, nous avons Inako, qui vit dans une société que l’on qualifierait de sectaire et qui passe le plus clair de son temps à se poser des questions et à hésiter sur la marche à suivre. C’est une jeune fille attachante, mais que je plains plus que je ne l’aime. Une dernière remarque à propos de Tox, le pingouin philosophe, qui n’est ni un pingouin, ni un philosophe, ni véritablement un personnage d’ailleurs. En fait Tox est le dénouement de cette histoire, l’adjudant qui vient en aide aux héros, mais s’il avait été un véritable personnage, il aurait été mon préféré.

Il est temps maintenant de faire un point sur l’histoire. L’auteur nous plonge dans deux univers diamétralement opposés qui semblent ne rien avoir en commun. Il alterne les chapitres en centrant chaque univers sur l’un des deux personnages. Ainsi, on retrouve Mikhaïl sur une Terre où la nature aurait enfin repris ses droits, les habitants ayant été réduits au tiers de la population mondiale actuelle. Cette dernière aurait été décimée par une grippe plus meurtrière encore que celle qui toucha l’Espagne des années précédentes. Un univers non pas de désolation, comme on pourrait le croire, mais plutôt un monde où la solitude et la paix seraient maîtresses. De l’autre côté Inako a grandi dans un immense lieu clos et rond où des prêtres prêchent la grande Peur de l’extérieur. Ne lisant pas souvent ce genre d’histoires je l’ai trouvé d’une originalité simple et plaisante. Une fois encore, on affaire à un livre à la fois court et avec très peu d’action, et quasiment sans violence. Cela ne m’a pas le moins du monde dérangée. À vrai dire, je pense que l’histoire n’est que secondaire dans ce roman. Ainsi, j’avais deviné la fin bien avant la douce intervention de Tox. Au contraire, je pense que l’auteur a surtout mis l’accent sur les messages qu’il voulait faire passer.

Plus qu’une critique de la société, c’est une véritable prophétie que nous dévoile ici Gil Braltard. Si on ne voit l’ensemble de la machination expliquée qu’à la fin du livre, ce qu’il décrit au début fait l’effet à la fois d’un rêve, mais aussi d’un cauchemar. Et l’horreur devient encore plus grande quand on s’aperçoit à quel monde on aurait appartenu s’il était arrivé ce qu’il met en scène.
On pourrait résumer sa critique à une simple phrase : les riches décident de la bonne marche du monde à leur avantage et les pauvres subissent sans pouvoir rien dire. Mais résumer ce livre à cette phrase serait lui faire perdre toute sa profondeur. À travers les lignes, on peut y lire un message de protection de l’environnement maltraité par l’homme, mais si on regarde plus loin encore, c’est surtout un message de protection de notre humanité que l’on voit. C’est un véritable appel à regarder la misère du monde qui ronge petit à petit nos sociétés, un simple appel à jeter un coup d’œil par la fenêtre. Une critique vivante de notre société actuelle dans toute sa splendeur, il me semble. Et c’est cela qui rend ce livre si beau, si calme et si paisible : il offre à la fois un destin affreux à l’humanité, mais aussi le calme et la paix qu’elle mérite par les choix cruels et égoïstes d’une petite minorité.

Par bien des aspects ce livre m’a énormément séduite et touchée. J’y ai découvert un auteur incroyable et une histoire à fendre le cœur. Pour ce moment magique, je tiens à remercier chaleureusement les éditions Céléphaïs et le forum le Sanctuaire de la lecture de m’avoir accordé leur confiance pour ce partenariat.

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[ Chroniqueuse ]


Merci à Aurélie pour cet ensemble magnifique ^^


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MessageSujet: Re: L'ère des phalanstères   Jeu 6 Sep - 12:54

Voici ma chronique pour « L'ère des phalanstères » de Gil Braltard

Avant d'entamer ma chronique, je tiens à prévenir que certains passages risquent de révéler des informations sur l'histoire de « L'ère des phalanstères ».

« L’Ère des Phalanstères » est un roman d'anticipation dont l'action se déroule dans un futur proche. Après avoir dévasté la Terre, pour survivre, les humains habitent des phalanstères, cités-Arches peuplés de millions d'individus qui vivent en parfaite autarcie sous le culte de Gaïa, la déesse Terre. Des règles strictes régissent les phalanstères sous la férule des prêtres de Gaïa : « En pensées seulement tu voyageras » parmi d'autres.
Toutefois, les phalanstères et le culte de Gaïa ne sont peut-être pas ce qu'ils semblent être.

L'histoire que nous conte Gil Braltard dans ce premier roman est une fable écologique et une réflexion sur la liberté. Un bon roman d'anticipation doit nous interroger sur nous-même et sur notre rapport à la société, à notre planète. Il doit tenter de répondre à des questions comme : « et si on continue sur cette voie, où va-t-on aboutir ? ». Ce roman est une réponse possible à cette question et à plusieurs autres, traditionnelles de l'anticipation. Le monde que nous décrit l'auteur est une société bipolaire entre l'intérieur et l'extérieur des phalanstères.
L'intérieur des phalanstères est une société de loisirs régie par la religion : les activités sont toutes plus ou moins en lien avec les préceptes du culte de Gaïa. Une part importante des loisirs dépend d'un univers virtuel dans lequel les habitants des phalanstères voyagent. Certains humains, les translimits, ne cèdent cependant pas aux règles et cherchent à enfreindre tous les interdits dont le plus important : sortir du phalanstère. Une sortie est une aventure risquée qui peut mener à la mort par AVC.
L'extérieur des phalanstères est également une société de loisirs mais régie par les simples envies et volonté de chacun de ses membres. Envie de dîner au sommet de l'Everest ? Pas de souci prenez votre astrojet et vous y serez en quelques minutes.
Dans les deux sociétés, les êtres humains cohabitent avec des intelligences artificielles, des robots doués de raison et de conscience mais qui ont été programmés pour servir les humains. Les robots sont un thème classique de la science fiction et ceux-ci à l'image de nombres des robots de la littérature tiennent beaucoup des robots d'Isaac Asimov qui est d'ailleurs cité dans le livre. En parlant des robots, on rencontre aussi le fameux fantôme dans la machine, thème classique du genre que l'on retrouve dans nombres d'œuvres de science fiction : Matrix, Ghost In the Shell, IA (Asimov encore)...
Thèmes classiques de l'anticipation, thèmes classiques de la science fiction, « L’Ère des Phalanstères » ne paraît donc pas très original. Son originalité, en effet, ne tient pas dans les thèmes abordés mais par les réponses qui y sont apportées ainsi que par la part importante que joue la religion en tant que contrôleur des foules.
Pour finir sur le contenu du roman, ma foi en tant que fan de science fiction ça ne pouvait que me parler.

Passons ensuite aux personnages...
Globalement, je les ai trouvés relativement insipides. De nombreux personnages ont des traits communs et évoluent en parallèle.
Commençons par les deux personnages principaux, Inako et Mikhaïl, deux personnages qui se ressemblent beaucoup de part leur questionnement constant. Ce sont des personnages miroirs. Chacun a besoin d'un autre personnage pour le pousser à continuer d'avancer, ce sera Cassius pour Inako et Watson ainsi que Marcello pour Mikhaïl. Cassius, Watson et Marcello sont du coup plus intéressants mais bien moins développés… dommage. Watson et son impertinence m'ont pourtant beaucoup amusée.
Padre Mishal et le Magister Moore ont tellement de points communs qu'on est pas surpris lorsqu'on découvre qu'ils sont la même personne.
Bref bref, j'ai été un peu déçue par cette galerie de personnages qui finalement passent complètement au second plan derrière l'histoire.
Un dernier détail au sujet des personnages, Tox, le pingouin n'a fait que confirmer ce que je pensais depuis maintenant de longues années : le monde est régi par les pingouins ! Bon ok, si on a pas été au lycée avec moi on ne peut pas autant savourer la présence, l'omniscience et l'omnipotence de ce pingouin mais bon quand même... il faut se méfier des pingouins c'est eux qui dirigent le monde... à moins que ce ne soit les souris comme dans H2G2 mais je m'égare.

L'écriture est soignée, simple et facile d'accès. Si le côté scientifique aseptisé de la science fiction vous rebute, ici vous trouverez votre bonheur. Pas de concept philosophique ou scientifique compliqué, le roman est à mon sens tout public.
On notera cependant quelques maladresses qui peuvent être mises sur le compte d'étourderie ou d'un manque d'expérience : c'est un premier roman. Somme tout ça se lit très bien !
C'est un roman très riche qui met en place beaucoup de bonnes idées, beaucoup de références à la BD, à la science fiction et à l'univers geek dans son ensemble (Tox c'est Tux de Linux non ?). Du coup on en oublie un peu le manque de profondeur des personnages et on s'interroge, on se révolte et on savoure l'action.

Pour finir, ce roman est une très très bonne découverte. Je suis vraiment ravie d'avoir pu le découvrir. Merci aux Éditions Céléphais et au forum Accros et Mordus de me l'avoir fait découvrir. Gil Braltard est un auteur que je ne manquerai pas de suivre.

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MessageSujet: Re: L'ère des phalanstères   Dim 26 Mai - 12:36

Je ne connaissais pas du tout ce livre. Je me suis donc renseignée pour connaître un peu les avis, mais j’en ai trouvé peu. Par contre, il avait de très bonnes notes ; je me suis donc laissée tenter. Au vu du résumé, je ne sais pas pourquoi, mais je m’attendais à de la fantasy. Certes, c’était dans le domaine de l’imaginaire, mais j'ai été bien surprise lorsque j’ai vu que c’était plutôt de la science-fiction. Je ne lis jamais ce genre – en fait, je l’évite car les histoires futuristes avec de la super-technologie, ce n’est pas toujours ce qui m’attire. Me voilà donc lancée dans un domaine que je ne connais pas du tout. Je remercie donc les éditions Céléphaïs et le forum Accros et Mordus d'avoir organisé un partenariat avec ce roman, ce qui m’a permis aussi de me réconcilier un peu avec le genre.

Comme je m’y attendais, il y a des mots compliqués, techniques, scientifiques… etc. Heureusement que je m’y connais un peu dans tout cela, car sinon j’aurais été perdue, surtout à la fin où on comprend enfin toute l’histoire. Malgré cela, j’ai réussi à me plonger dans le roman. J’étais même fascinée par le monde que l’auteur nous a concocté. D’ailleurs je dois dire que j’ai souri en lisant le nom de l’écrivain : est ce vraiment le sien ou un pseudo ? En tout cas j’adore, car cela va parfaitement avec le genre du livre.

Je ne peux pas le comparer avec le reste des romans de science fiction, mais je dois dire que j’ai trouvé cela très intéressant et original. Même si, au début, on est perdu… On se retrouve en l’an 2144 extra-muros (c’est quoi cette bête ?), mais on a aussi des chapitres en intra-muros cycle 100. Alors là, j'étais vraiment déconcertée. On est où là ? Sur Terre, sur une autre planète, dans le passé, dans le futur ?… Il y a des dates différentes. J’ai donc émis des théories pendant une bonne partie de la lecture, et j’ai enfin réussi à deviner ce qui se tramait là dessous, à peu près à la moitié du roman, mais c’est à la fin qu’on sait vraiment tout. D’ailleurs, cela fait trop d’informations d’un coup : on parle de politique, d’économie, de population grandissante… Et là, j’ai eu la gorge nouée. Je me suis dit : mais tout cela peut vraiment arriver ! Ça fait un peu peur quand même mais, d’un côté, j’ai hâte de voir cela.

Il y a trois personnages principaux : Mikhaïl, Inako et Cassius. Mikhaïl vit en exra-muros, il a la belle vie, il se promène où il veut grâce à son super engin volant qui l’emmène en 5 minutes à l’autre bout de la Terre. Mais, petit à petit, il se pose des questions, il s’interroge sur des choses qu’il a vues lors de ses expéditions. Malheureusement, très naïf, il ne fait pas toujours confiance aux bonnes personnes. Je me suis tout de suite attachée à Inako. Alors que j’avais un peu plus de mal avec les chapitres en extra-muros, me voilà avec ce personnage qui vit en intra-muros. Cela fait un moment qu’elle n’écoute plus les prêtres avec leur foi en Gaïa. Avec son ami Cassius, qui est bien courageux malgré les choses qu’on lui met dans la tête, ils vont essayer de connaître la vérité sur le Grand Extérieur. Bref, de vrais rebelles qui s’interrogent sur le monde dans lequel ils vivent.

En conclusion, voilà un roman qui m’a vraiment captivée. J’ai été agréablement surprise par l’histoire d’un futur, proche et qui pourrait malgré tout bien se réaliser : des soucis dans le monde, comme la crise économique, qui entraînent des décisions à prendre sur l’avenir des hommes… C’est une œuvre qui s'inscrit bien dans l’actualité du moment. Même si c’est un récit peu connu, il mérite de l’être. Donc lisez-le si vous en avez l’occasion, il vaut le coup d’œil.


Dernière édition par Crazy le Sam 31 Aoû - 15:51, édité 1 fois (Raison : Corrigé par Crazy (31/08/13))
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L'ère des phalanstères

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