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 Marek HALTER

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Chouquette


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Vos papiers SVP
Crédits: Chouquette
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MessageSujet: Marek HALTER   Dim 27 Mai - 17:37

Marek HALTER
« La violence commence où la parole s'arrête. »




Ses papiers
NOM : HALTER
PRÉNOM : Marek
SES DATES : 27 janvier 1936 (Varsovie) -
NATIONALITÉ : Française.
GENRE LITTÉRAIRE : Romans historiques.


le pLus important
BIOGRAPHIE : Marek Halter (né le 27 janvier 1936 à Varsovie) est un écrivain français. Juif d'origine polonaise, il aborde dans ses livres beaucoup de sujets liés à l'histoire du peuple juif.

Marek Halter est né en 1936 à Varsovie, en Pologne, d'une mère poétesse yiddish et d'un père imprimeur.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Marek Halter et ses parents fuient en 1940 (ou en 1941, les sources divergent) le ghetto de Varsovie créé par les occupants allemands. Ils passent dans la partie Est du territoire polonais occupée par l’Union soviétique.
À la suite de l'invasion de l'Union soviétique par l'Allemagne nazie le 22 juin 1941, Marek Halter, et ses parents qui se trouvent alors à Moscou sont évacués en République socialiste soviétique d'Ouzbékistan à Kokand, une ville de 300 000 habitants où se trouvent un million de réfugiés. Bérénice, la petite sœur de Marek âgée de trois ans, y meurt de faim et ses parents sont frappés par la dysenterie. Marek Halter fait alors tout pour sauver ses parents.
En 1945, c'est au titre de délégué des pionniers de la République socialiste soviétique d'Ouzbékistan que Marek Halter alors âgé seulement de neuf ans se rend à la fête de la victoire à Moscou sur la place Rouge pour offrir des fleurs au dirigeant soviétique Joseph Staline.

SES ŒUVRES : 1976 : Le Fou et les rois
1979 : Mais, essai écrit en collaboration avec Edgar Morin
1979 : La Vie incertaine de Marco Mahler
1979 : Argentina, Argenti'
1983 : La Mémoire d'Abraham
1986 : Jérusalem
1989 : Les Fils d’Abraham
1990 : Jérusalem. La Poésie du Paradoxe
1991 : Un homme, un cri
1994 : Les Fous de la paix
1995 : La Force du Bien
1996 : Le Messie
1998 : Toulon
1999 : Les Mystères de Jérusalem; Le Judaïsme raconté à mes filleuls
2001 : Le Vent des Khazars
2003 : La Bible au féminin, tome 1 : Sarah
2004 : La Bible au féminin, tome 2 : Tsippora
2005 : La Bible au féminin, tome 3 : Lilah
2006 : Marie
2007 : Je me suis réveillé en colère
2008 : La Reine de Saba
2010 : Le Kabbaliste de Prague
2010 : Histoires du peuple juif
2012 : L'inconnue de Birobidjan
QU'AIMES-TU CHEZ LUI ? Sa manière de véhiculer les émotions, de parler d'une part de l'histoire très méconnue et d'un peuple qui lui tient à coeur. A travers ses romans, il nous raconte l'histoire du peuple juif d'une manière touchante.
SITE OFFICIEL : /


interview
SOURCE DE L'INTERVIEW : Evene.fr

Après de multiples portraits de femmes bibliques, l’écrivain Marek Halter se détourne momentanément de son rôle de conteur afin de juger un présent désordonné et en souffrance, sous la forme d’un recueil de colères quotidiennes intitulé ‘Je me suis réveillé en colère’. On ne peut rester insensible au plaisir d’un entretien avec l’auteur de ‘La Mémoire d’Abraham’ dans son atelier situé à deux pas de la place des Vosges. Entre l’espace artistique de sa femme Clara, objectivant par l’écriture un insatiable désir de paix, et la présence affectueusement globalisante des livres, une rencontre avec Marek Halter ressemble à un concert de mots aux accents élégants sortis d’une barbe de grand sage. Autour de la table qui a vu naître ‘SOS Racisme’, l’écrivain évoque avec une grande liberté de ton les problèmes de la banlieue, le rôle de l’intellectuel, le communautarisme, la présence incessante du Mal, etc.

Pourquoi vous êtes-vous réveillé en colère ? Le titre vient de François Truffaut. Je suis arrivé en France à l’âge de 14 ans sans connaître le français et ignorant du système démocratique. J’avais vécu deux systèmes totalitaires, le nazisme et le stalinisme. Très tôt, je me suis rendu compte que la liberté s’apprend. Il faut beaucoup de temps pour comprendre que l’on ne peut être libre dans un monde qui ne l’est pas et que la liberté dépend également de celle des autres. Bref, j’ai eu du mal à apprendre la liberté et la langue de la liberté. Par hasard, j’ai rencontré Marcel Marceau et, c’est lui, le muet, qui m’a appris les premiers mots de français. Un jour, il m’a présenté à François Truffaut. En réaction à mon accent, Truffaut m’a regardé et m’a dit : “Toi, tu es polonais.” J’ai répondu non, que j’étais juif. C’est là qu’il a eu ces mots étonnants : “J’adore les juifs parce qu’ils se lèvent tous les matins en colère.” 45 ans plus tard, quand j’ai décidé de partager mes colères avec mes lecteurs et mes amis, j’ai pensé à cette phrase pour le titre.

Mais la colère est une inclination, une passion pas très compatible avec la raison objective de l’intellectuel ? Il y a deux sortes de colères. Les évangiles parlent des saintes colères. Une colère individuelle peut déboucher sur la violence, au contraire d’une colère universelle. Les prophètes criaient, ils étaient en colère. A l’époque antique, il y avait en Palestine des écoles où l’on apprenait à se mettre en colère. L’idée était formidable. Comment un jeune qui ne s’indigne pas des injustices qu’il y a autour de lui peut-il devenir plus tard quelqu’un de sage. La colère est la non-acceptation de l’inacceptable. Parce qu’on pense au général et pas au particulier, cette colère débouche sur une réflexion et non sur la violence. De plus, la colère exprimée par les mots ne peut aboutir à la violence. Je pars d’un principe : que la violence commence là où termine la parole. Même l’insulte n’est pas grave car insulter quelqu’un c’est le reconnaître ; alors que frapper quelqu’un, c’est vouloir le faire disparaître.

Avec un tel livre vous vous engagez. Pensez-vous que ce soit le rôle de l’intellectuel ? Je suis un homme engagé, c’est très clair. Mais engagé dans le monde. Je ne suis pas passif, pas figé exclusivement dans la réflexion. Je pense que parler, c’est agir. Donc parler est déjà un engagement. Et comme j’appartiens à cette tradition des trois livres révélés, je parle en public. Je crie en public, c’est-à-dire parmi les hommes et non dans le désert. Les prophètes criaient contre les rois, contre les injustices. Beaucoup sont morts pour ça. Ainsi, les hommes réagissent bien ou mal, mais je prends le risque. L’engagement, c’est prendre un risque. Quand vous parlez avec votre ennemi, vous prenez un risque. Mais si mon ennemi accepte le dialogue avec moi, je pars du principe qu’il a déjà perdu. Car cela veut dire qu’il met de côté la kalachnikov et qu’il accepte les mots. Et ce domaine, celui de la parole, m’est plus familier.

Vos discussions se déroulent avec un juif religieux. Que peut encore apprendre la religion dans ce monde désenchanté ? Moi, je ne suis pas pratiquant, je suis un laïc. Je pense que les grandes religions font partie de notre patrimoine culturel. On s’y réfère volontairement ou involontairement. Je donne souvent en exemple la Déclaration universelle des droits de l’homme, proclamée par des révolutionnaires anti-calotins, qui a été inscrite sur les tables de la loi. En réalité, toutes réflexions sur le monde débouchent sur une certaine sagesse. Et ces premières réflexions furent le Talmud, les Evangiles, le Coran, bouddha, Confucius, etc. Or, on peut encore se référer à ces textes parce qu’ils n’ont plus rien à voir avec Dieu. Le rôle de dieu était de donner à l’homme l’essentiel : le monde, la loi, l’antidote au mal. Aujourd’hui, c’est à l’homme de gérer tout cela. Il n’y a pas très longtemps à Strasbourg, j’ai rencontré Pikolo, l’ami de Primo Levi. On a une discussion au sujet de Dieu et de la possibilité d’Auschwitz. A la question que se sont posés de nombreux philosophes “Où était Dieu pendant Auschwitz ?”, Pikolo m’a répondu que dans les camps, il ne se souciait pas de savoir où était Dieu, mais bien plutôt de savoir où était l’homme. C’est une autre manière de dire que je préfère la loi à la foi.

Vous parlez souvent dans votre livre de cette proximité avec le mal sous la forme des totalitarismes, par exemple. Croyez-vous au mal radical ? e crois au mal absolu mais qui n’est pas radical car il est toujours accompagné d’une mauvaise conscience. Je pars du principe que tout homme a une conscience, même l’assassin de masse. Aucun assassin dans l’histoire n’a revendiqué le mal, aucun ne s’est levé en clamant : “J’ai massacré des millions d’individus et j’en suis fier.” Quand vous regardez un assassin dans les yeux et lui demandez la raison de son geste, il ne sait pas quoi répondre. J’ai raconté à Primo Levi que mon grand-père, dans le ghetto, pour arrêter un nazi qui voulait tuer un enfant, lui a demandé “Pourquoi ?” L’Allemand, affolé, lui a répondu “Ici, il n’y a pas de pourquoi.”

Parlons d’un “pourquoi” moins grave mais tout aussi sérieux : les événements en banlieue (à Villiers-le-Bel) dont vous parlez plus globalement dans votre livre. Nicolas Sarkozy a considéré que l’on ne peut pas “excuser l’inexcusable”. Qu’en pensez-vous ? Je l’ai dit dans mon livre avant les derniers événements. Si certains ont essayé de tuer avec des fusils, ils sont inexcusables. Quand on commet un crime contre les hommes, on répond devant l’humanité. C’est un principe. Mais pour le reste, je suis en désaccord avec lui. Le problème des banlieues n’est pas seulement un problème social ou de marginalisation, c’est un problème culturel. Les immigrés ou fils d’immigrés veulent être valorisés en tant que communauté et pas seulement en tant qu’individu. C’est normal qu’ils se retrouvent en groupe. Si moi, je me retrouvais dans un pays étranger dont la langue m’échappe, j’irais chercher des juifs avec qui je pourrais parler en hébreu, en yiddish, etc. et ils me protégeront. C’est la solidarité du groupe. Le fait de vouloir évoluer dans un groupe - avec des repères culturels, linguistiques - est normal, naturel.

Mais vous allez jusqu’à défendre le communautarisme ? Oui ! L’universel est fait de particuliers comme un corps est fait de particuliers. J’ai peur de cette idée de l’universel à la Voltaire, génératrice de l’homme abstrait, au nom de laquelle il est devenu islamophobe, antisémite et raciste. Pourquoi ? Parce que ces gens ne rentraient pas dans le moule. On ne peut pas réduire l’homme à une seule dimension qui serait abstraite. Nous sommes aussi des êtres avec une tradition, une histoire, une famille, etc. Nous avons une mémoire collective qui participe à l’évolution, aux progrès des cultures dans lesquelles nous vivons. J’ai peur d’une société refermée sur elle-même. Cet apport des autres aère la culture française. Il faut valoriser ce qu’ils sont. C’est pour ça qu’il faut reconnaître et valoriser les communautés. Les pays unidimensionnels sont des pays pauvres culturellement. Quand on enseigne les mathématiques, ça vaudrait la peine de préciser que le zéro a été inventé par les Arabes.

Contre une pensée sclérosée, vous distinguez, au risque de surprendre, l’antisémitisme du racisme ? Là, c’est une colère qui se tourne aussi contre moi-même. C’est dans l’atelier dans lequel nous sommes qu’a été créé ‘SOS Racisme’. Nous avons pensé pour des raisons stratégiques qu’il fallait combattre ensemble le racisme et l’antisémitisme. Je pense que c’était une faute. Nous étions tellement heureux d’avoir réuni des représentants des étudiants juifs et des étudiants musulmans que nous avons voulu mener le combat la main dans la main. Si plus tard, on a constaté notre échec, c’est que nous nous sommes trompés. Ce sont deux maladies mortelles - l’antisémitisme mène à Auschwitz, le racisme à l’esclavage - mais différentes l’une de l’autre. C’est comme si on voulait donner les mêmes médicaments à un malade du sida et à un malade du cancer. Ca ne marcherait pas, on tuerait les deux. Je donne la définition pour argumenter mon propos. Le racisme c’est la peur de l’autre, de la différence. Et cette peur peut se transformer en haine. Et, si le racisme est cette haine de “l’autre différent”, l’antisémitisme est la haine de “l’autre semblable”, trop semblable.

Finalement, à bien vous écouter, la colère apparaît comme un privilège de l’optimiste ? Complètement ! Pourquoi se mettre en colère si on n’est pas optimiste, si on ne pense pas que cette colère peut réveiller quelque chose ou peut aboutir à une fin positive. Sinon, autant bailler tous les matins comme certains le font et ils sont malheureusement très nombreux...


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Marek HALTER

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