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 Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants

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L'erreur sociale


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MessageSujet: Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants   Jeu 30 Juil - 13:02

Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants
Mathias Enard



Si ce n'est pas une couverture qui claque, je ne sais pas ce qu'il vous faut.

informations
TITRE D'ORIGINE : Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants
DATE DE PARUTION : 2010.
NOMBRE DE PAGES : 176.
ÉDITION DE TON LIVRE : Actes Sud, collection Babel.
QUATRIÈME DE COUVERTURE :
En débarquant à Constantinople le 13 mai 1506, Michel-Ange sait qu’il brave la puissance et la colère de Jules II, pape guerrier et mauvais payeur, dont il a laissé en chantier l’édification du tombeau, à Rome. Mais comment ne pas répondre à l’invitation du sultan Bajazet qui lui propose — après avoir refusé les plans de Léonard de Vinci — de concevoir un pont sur la Corne d’Or ?

Ainsi commence ce roman, tout en frôlements historiques, qui s’empare d’un fait exact pour déployer les mystères de ce voyage.

Troublant comme la rencontre de l’homme de la Renaissance avec les beautés du monde ottoman, précis et ciselé comme une pièce d’orfèvrerie, ce portrait de l’artiste au travail est aussi une fascinante réflexion sur l’acte de créer et sur le symbole d’un geste inachevé vers l’autre rive de la civilisation.

Car à travers la chronique de ces quelques semaines oubliées de l’Histoire, Mathias Enard esquisse une géographie politique dont les hésitations sont toujours aussi sensibles cinq siècles plus tard.
Y A-T-IL UNE SUITE ? Non.



© aurélie

Ton avis
LE LIVRE EN UN MOT : Onirique.
UNE CITATION :
« Puisque ce sont des enfants, parle-leur de batailles et de rois, de chevaux, de diables, d'éléphants et d'anges, mais n'omets pas de leur parler d'amour et de choses semblables. »
(Citation d'ouverture.)
UNE NOTE SUR 10 : 9.
TON AVIS :
Ça partait mal.

Fait n°1 : je n'accroche pas aux biographies. C'est bête. Je n'arrive tout simplement pas à m'immerger dans la vie d'un personnage qui a existé, vécu et, souvent, les biographies s'attachent aux faits plus qu'à la manière de les rédiger, qu'à la dimension artistique de l’œuvre. Cela peut se comprendre pour les ouvrages très encyclopédiques qui cataloguent de sa naissance à sa mort la vie d'une personne, cela peut déjà moins se comprendre quand l'auteur revendique une qualité littéraire à son écrit.
Fait n°2 : la quatrième de couverture ne m'attirait vraiment pas.
Fait n°3 : la vie de Michel-Ange non plus.

Quels a priori erronés ! Si je pouvais mettre une claque au moi qui pensait ça, je lui en offrirais deux autres en bonus. Ce livre est magistral. Il est placé trèèèès haut dans mon estime. C'est un tour de force littéraire.

Allons crescendo dans ce qui m'a marqué. Tout d'abord, il ne s'agit pas d'une biographie à proprement parler. En effet, bien que le récit se centre sur Michel-Ange, il se déroule durant une période de laquelle nous n'avons que peu d'informations concernant sa vie. Ont été retrouvés divers objets reliant Michel-Ange à Constantinople à ce moment-là, mais rien de prouvé jusqu'ici. C'est donc à partir d'un gros effort de documentation et d'imagination que Mathias Enard a écrit et a réussi à rendre son texte intéressant, passionnant, profond. J'ai d'ailleurs pas mal hésité à le classer parmi les romans historiques tant il s'agit davantage d'une prouesse littéraire que d'un fragment de l'Histoire.

Le format est assez intéressant également : il s'agit de petits chapitres, en moyenne ne dépassant pas les deux pages, qui confère un rythme et un souffle tout particuliers à la narration, sans cesse alternant entre des passages extérieurs, des lettres et des pensées, transcription intérieure des ressentis éprouvés par les personnages, au départ très mystérieux — le premier chapitre s'ouvre sur un « je » qui s'adresse à un « tu » et qui prendra son sens au fur et à mesure que les pages retireront ce voile d'incompréhension — parfois d'ailleurs sont-ils des fragments de rêves en éclats.

Enfin, je ne peux que louer l'écriture. Tout est magnifique. Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants est un long poème empreint de lyrisme, de sensualité, à la découverte d'un Orient épique et resplendissant, à l’affût des chants du muezzin et des couchers de soleil. C'est un édifice de beauté qui ne s'essouffle pas, qui reste dans le domaine de la légèreté. C'est un chant qui fait briller les yeux de son rouge-orangé à la douceur incomparable.

Enard a su utiliser les mots pour faire part d'une expérience poétique tantôt jouant sur la sensualité, tantôt sur la brutalité du monde de l'époque pour rendre, globalement, un livre qui transporte loin, par delà les mers, en un long voyage onirique.
À QUI LE CONSEILLES-TU ?
Il plaira à beaucoup de monde, dès l'adolescence voire, pour les enfants passionnés, plus jeune encore.

Je vous invite par ailleurs à lire un extrait mis gratuitement en ligne par l'éditeur pour vous faire une meilleure idée de la chose.




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MessageSujet: Re: Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants   Jeu 30 Juil - 14:25

C'est fou, la quatrième de couverture ne me donne pas envie du tout de lire un tel livre plus ou moins pour les mêmes raisons que toi d'ailleurs ! (J'ai beaucoup aimé ton "fait 3". Haha.)

Mais j'avoue que ton avis (enfin, ton éloge plutôt) est vraiment très tentant... Bien joué ! ^^

(Bon, c'est clairement pas pour tout de suite, mais c'est un titre qui risque de rester dans un petit coin de ma tête...)

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MessageSujet: Re: Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants   Dim 2 Aoû - 23:51


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MessageSujet: Re: Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants   Dim 28 Fév - 13:36

Cela fait déjà quelques jours que j'ai terminé ma lecture de Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants, reçu en swap de la part de L'erreur sociale. Merci encore pour cette magnifique découverte, ton avis m'avais déjà beaucoup plu et depuis, j'ai souvent pensé à ce livre, que je ne parvenais pas à trouver.

Il m'a fallu quelques jours aussi pour tenter d'organiser mes pensées. Je crois que je n'arriverai jamais trouver les bons mots pour exprimer au monde ce que j'ai ressenti en lisant ce livre.

Si la quatrième de couverture ne vous attire pas, cela ne veut en rien dire que la lecture vous déplaira, parce qu'il faut être honnête, elle n'est en rien représentative de l'histoire, et encore moins de la fabuleuse plume de l'auteur. Elle plante tout au plus la trame de fond dans laquelle va se dérouler l'histoire, mais ce n'est de loin pas le centre du livre.

Je ne pensais pas être aussi profondément touchée par les mots de l'auteur qui sonnent toujours exceptionnellement juste. La lecture est fluide, mais pour autant, les yeux ne courent pas sur les pages, ils glissent paisiblement au rythme si beau et doux des mots. Le rythme est vraiment d'une intensité envoûtante et les mots résonnent au plus profond de notre être. En bref, une plume absolument exquise et aucun mot superflu.

En ce qui concerne l'histoire en elle-même, elle est nettement plus alléchante et intense que ce que nous laisse entrevoir la quatrième de couverture. J'ai été conquise du début à la fin. Ce livre est un véritable hymne à la beauté.

Je vous laisse sur une citation qui, je l'espère, saura vous convaincre. (Ce fut mon cas, j'ai lu les deux premières pages, qui se terminent justement sur cette citation et en quelques instants, le monde réel n'existait plus, le temps non plus, il n'y avait plus que cette plume délicieuse et moi.)

" Tu penses désirer ma beauté, la douceur de ma peau, l'éclat de mon sourire, la finesse de mes lèvres, mais en réalité, ce que tu souhaites sans le savoir, c'est la disparition de tes peurs, la guérison, l'union, le retour, l'oubli. Cette puissance en toi te dévore dans la solitude.
Alors tu souffres, perdu dans un crépuscule infini, un pied dans le jour, l'autre dans la nuit. "

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MessageSujet: Re: Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants   Mar 8 Mar - 20:48

Avec vos avis, je dois avouer beaucoup hésiter à la lecture de ce livre. Si le style d'écriture semble magnifique (je me souviens que Jaca m'avait presque convaincue avec la fameuse citation), le thème, lui, me rebute assez, pour ne pas dire franchement. Du coup, malgré toutes vos explications sur le peu d'importance de l'histoire, mon coeur balance...

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MessageSujet: Re: Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants   Mar 2 Aoû - 9:49

Ton avis
RÉSUMÉ PERSONNEL : Au début du XVIe siècle, le célèbre peintre Michelangelo Buonarroti – qui nous est plus connu sous le nom de Michel-Ange – ne supporte plus le manque de considération du pape Jules II à son égard, qui s’avère être orgueilleux, autoritaire et mauvais payeur. Il quitte donc Rome sur un coup de tête pour retourner à Florence, où sa statue de David a fait de lui le héros de la ville. C’est alors qu’il reçoit une lettre du sultan de Constantinople. Pour une somme très importante, il lui demande de venir passer un mois dans son pays afin de dessiner et de commencer le chantier d’un pont qui permettra de traverser la Corne d’Or. C’est ainsi que le 13 mai 1506, Michel-Ange arrive à Constantinople…  

LE LIVRE EN UN MOT : Dépaysant.

UNE CITATION : « La beauté vient de l’abandon du refuge des formes anciennes pour l’incertitude du présent. Michel-Ange n’est pas un ingénieur. C’est un sculpteur. On l’a fait venir pour qu’une forme naisse de la matière, se dessine, soit révélée. Pour le moment, la matière de la ville lui est si obscure qu’il ne sait avec quel outil l’attaquer. » (p. 62)

UNE NOTE SUR 10 : 8.

TON AVIS : Le premier chapitre s’ouvre sur « je », qui s’adresse à « tu ». Nous ignorons tout de leur identité et ce qui se joue entre ces deux protagonistes. Ceci sera un des fils conducteurs du roman, et le voile ne sera levé que dans les dernières pages. Puis nous retrouvons Michel-Ange, jeune Florentin fraîchement débarqué, plongé dans la ville de Constantinople, au XVIe siècle ; nous découvrons avec lui la cité, le marché, la vie dans ses rues… Leur façon de vivre est bien différente de celle de Michel-Ange qui, à Rome, devait construire le tombeau du pape. Mais face au manque de considération de ce dernier, il a accepté d’ériger un pont majestueux pour le sultan Bayazid, le Grand Turc, afin que celui-ci soit le reflet de la puissance byzantine. Léonard de Vinci s’y était essayé par le passé, mais Bayazid n’avait pas aimé son projet et l’avait refusé. Il n’en faut donc pas plus pour convaincre Michel-Ange, qui voit ici l’occasion de réussir là où Léonard de Vinci a échoué. En compagnie de Manuel, son traducteur et guide qui voue une véritable fascination à l’artiste lorsque ce dernier est en train de dessiner, et surtout de Mesihi, le secrétaire poète, il tentera de relever le défi.

Le personnage de Michel-Ange est très charismatique et ne peut qu’attiser l’intérêt du lecteur. En effet, ce sculpteur de renom est comparé au grand Léonard de Vinci, de vingt ans son aîné. Cependant, il existe une réelle rivalité entre ces deux artistes – du moins pour Michel-Ange –, et cela sera un vrai moteur pour lui : il veut réussir là où de Vinci a échoué. Mais Michel-Ange est aussi un fin observateur : il va prendre le temps de s’imprégner de la culture ottomane avant de se lancer dans l’élaboration de ce pont. Il est ébloui par ce qu’il y voit, comme les éléphants, les singes, ou encore le marché aux épices – Mesihi lui offrira d’ailleurs un bien étrange présent... Michel-Ange est émerveillé par la magnificence de Constantinople, et que ce soit en peinture ou en architecture, ce voyage va transformer à jamais le regard du futur artisan de la chapelle Sixtine. Différents personnages graviteront autour de lui, mais c’est avec Mesihi qu’il nouera une amitié sincère, bien que discrète. C’est ce dernier qui lui permettra de réellement découvrir les us et coutumes de la vie orientale, et qui sera son plus fidèle compagnon durant ce périple.

La plume de Mathias Énard est absolument divine. Il a une façon d’écrire qui est lyrique, et qui nous transporte. Dans ce livre, construit de très courts chapitres – ceux-ci faisant rarement plus de deux pages –, il semble prendre le lecteur par la main et le faire voyager dans le temps et l’espace pour l’amener aux côtés de Michel-Ange. Grâce à ses descriptions qui font appel à nos différents sens, nous avons l’impression de nous promener en compagnie des protagonistes dans les rues de la future Istanbul. Par ailleurs, comme indiqué dans la note de fin d’ouvrage, même s’il s’agit ici d’un récit fictif, il prend appui sur des sources bien réelles, dont les lettres de Michel-Ange à son frère, qui sont authentiques et que l’auteur a traduites avant de nous les retranscrire. Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants est donc un ouvrage très travaillé, aussi bien sur le fond que sur la forme, et Mathias Énard nous embarque de sa plume envoûtante pour cent soixante-dix pages qui résonneront longtemps en nous, tant l’écriture de l’auteur est exceptionnelle, chaque mot étant juste et semblant avoir été choisi avec un soin tout particulier.

À QUI LE CONSEILLES-TU ? Aux amateurs de romans historiques.


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MessageSujet: Re: Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants   

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