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 Les Morues

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Joyce


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MessageSujet: Les Morues   Sam 7 Nov - 18:40

Les Morues
Titiou Lecoq



informations
TITRE D'ORIGINE : /
DATE DE PARUTION : 2011.
NOMBRE DE PAGES : 412 .
ÉDITION DE TON LIVRE : Au diable Vauvert. Il a été réédité au Livre de Poche.
QUATRIÈME DE COUVERTURE : C'est l'histoire des Morues, trois filles - Ema, Gabrielle et Alice – et un garçon – Fred –, trentenaires féministes pris dans leurs turpitudes amoureuses et professionnelles. Un livre qui commence par un hommage à Kurt Cobain, continue comme un polar, vous happe comme un thriller de journalisme politique, dévoile les dessous de la privatisation des services publics et s'achève finalement sur le roman de comment on s'aime et on se désire, en France, à l'ère de l'Internet. C'est le roman d'une époque, la nôtre.

Trépidant dans son volet polar, sensible lorsqu’il raconte l’énergie dépensée par les femmes pour préserver leur indépendance, Les Morues dresse le portrait insolent d’une époque sans mode d’emploi. Un excellent premier roman. Be.
Bien écrit en un savant négligé, voilà un premier roman épatant, drôle et instructif. Le Canard enchaîné.
Y A-T-IL UNE SUITE ? Non.



© aurélie

Ton avis
RÉSUMÉ PERSONNEL : N'ayant pas relu le livre en question depuis une éternité, je me permets de tricher un peu et de reprendre le résumé de Babelio qui, à mon avis, est assez percutant (surtout la partie en gras) :

« C'est un roman qui commence comme cela :
Au début, il y a la sonnette – et la porte qui s’ouvre et se referme sans cesse. Des pas qui résonnent dans l’entrée. Et des embrassades, des "ah", des "oh". T’es déjà arrivé ? J’croyais que tu finirais plus tard le taff. Ouais, mais finalement j’ai bien avancé. Hé, Antoine on va pas parler boulot ce soir, hein ? Ça serait de la provoc ! Un brouhaha généralisé. Des verres qui tintent. T’as apporté les bougies ? Non c’était à Ema de le faire.

Et c’est un roman qui commence aussi comme cela :
Depuis une dizaine de minutes, Ema gardait la tête obstinément levée vers la voûte. En suivant des yeux les courbes compliquées des arches gothiques de l’église, elle espérait éviter de pleurer. Mais d’une elle commençait à avoir sérieusement mal à la nuque et de deux il devenait évident qu’elle ne pourrait pas échapper aux larmes de circonstance.
C’est donc l’histoire des Morues, d’Ema et sa bande de copines, de ses amis, et, si l’on s’y arrête une minute, c’est le roman de comment on s’aime en France au début du XXIe siècle.
Mais c’est davantage.

C’est un livre qui commence comme une histoire de filles, continue comme un polar féministe en milieu cultivé, se mue en thriller de journalisme politique réaliste – au cours duquel l’audacieuse journaliste nous dévoilera les dessous de la privatisation du patrimoine culturel français - et vous laisse finalement, 500 pages plus loin sans les voir, dans le roman d’une époque embrassée dans sa totalité par le prisme de quatre personnages.
Cet ambitieux projet romanesque, qui a pris plusieurs années à son auteur, est une réussite totale.
D’abord parce qu’il se dévore. Que sa lecture procure un plaisir continu, et qu’il emprunte toutes ses voies pour s’inscrire dans une perspective globale avec une acuité, une ironie et une gouaille bien contemporaines, mais en y superposant le paysage littéraire d’une jeune femme d’aujourd’hui qui, petite fille, réécrivait la fin des romans de la Comtesse de Ségur pour celles qu’elle préférait lire.
Cela donne un authentique et passionnant roman français. »
Source : http://www.babelio.com/livres/Lecoq-Les-morues/280977

LE LIVRE EN UN MOT : Mind-changing (sinon, en français, ça fait plusieurs mots).
UNE CITATION : /
UNE NOTE SUR 10 : 9.75/10, ce livre m'a marquée, et est (entre autres) la cause des "Morue !" que je lance à tout bout de champ.
TON AVIS : La chose la plus surprenante dans Les Morues est tout d’abord cet espèce de fil invisible qui nous fait passer d’un sujet à l’autre sans discontinuité. À la page 151, un dialogue très vif avec un langage que l’on pourrait utiliser dans la vie de tous les jours lors d’une rencontre fortuite avec un malotru pendant ses courses hebdomadaires (le langage en question comprenant toutes les injures et les non-sens que l’on peut s’attendre à trouver dans un tel moment d’égarement). Deux pages plus loin, on nous explique, dans le détail et à l’aide de termes techniques et professionnels, les changements qu’Internet a pu provoquer dans le paysage médiatique international. Et ça passe.

En tant que lecteur, il est parfois difficile de se plonger dans un livre, de se perdre dans la tête des personnages ou bien de réussir à comprendre leurs motivations, leur manière de pensée. Avec ceux créés par Titiou Lecoq, on comprend et, mieux, on est d’accord avec cette petite bande de trois filles provenant de milieux très différents et d’un garçon qui s’inclut dans le groupe.
À la base, l’intrigue se noue autour d’une amie décédée, et d’une enquête qui va mener Ema (jeune journaliste cantonnée à des articles superficiels) dans les couloirs de la bureaucratie française, en passant par la privatisation des pouvoirs publics et l’influence du capitalisme sur les musées. Dit comme ça, on pourrait penser à une simple enquête policière, mais ce n’est qu’un squelette du récit.

Car en réalité, le sujet est beaucoup plus large. Au travers des conversations, des rencontres autour d’un verre (ou plusieurs), des scènes auxquelles on pourrait s’identifier les yeux fermés, on découvre qu’il s’agit en réalité d’un récit qui parle de la société. Comment vivre aujourd’hui ? Qu’est-ce qu’avoir la trentaine à l’heure où les communications et les médias ont une place prépondérante dans la société ?
Et, en plus d’aborder toutes ces questions, on y parle des gens, de ce qu’ils pensent, de ce à quoi ils aspirent, de ce qu’on attend d’eux et de ce que la société — encore elle ! — les pousse à faire ou à ne pas faire par peur du jugement des autres. Les sujets qui ont de l'importance aujourd'hui sont présents dans ce livre, revisités via une vision jeune, idéaliste-désabusée-féministe-novatrice du monde.
En tant que lecteur, il n’est pas possible de ne pas s’y reconnaître, de ne pas faire de lien avec des articles lus ou des discussions eues dans notre propre vie. Car c’est la véritable force de ce livre : à travers des sujets (on ne peut plus variés) amenés à travers un squelette d’enquête et de verres entres "morues", c’est notre manière de voir la société, c’est nous que l’on questionne.

Pour conclure simplement, je dirais que livre m’a véritablement marquée, et qu’il s’agit de ces livres que je peux compter sur les doigts d’une main qui ont changés ma manière de voir le monde et qui m’ont aidée à avoir un avis sur les choses. Donc, de fait, je ne suis pas objective, mais je pense qu'il s'agit d'un livre qui peut avoir un impact sur les personnes qui le lisent, donc ne vous fiez pas à l'aspect 'girly' de la couverture, car ce roman est à des kilomètres de cela.
À QUI LE CONSEILLES-TU ? Je pense que c'est un livre qui peut particulièrement plaire à tous les jeunes adultes vivant dans la société d'aujourd'hui, mais je le conseille un peu à tous ceux qui lisent le résumé et qui ont envie de savoir un peu la suite.




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MessageSujet: Re: Les Morues   Dim 8 Nov - 13:16

Wow, comme tu vends la chose ! Du coup ça me donne juste terriblement envie de le lire ! Very Happy

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MessageSujet: Re: Les Morues   Dim 8 Nov - 14:16

Allez, viens ! Viens passer du côté obscur de la Force !

Non, pour de vrai, j'ai essayé de faire avec les éléments et les ressentis qu'il me reste. J'ai lu ce livre il y a bientôt deux ans maintenant et le souvenir de l'intrigue que j'en ai est flou. C'est pour ça que j'ai essayé de retranscrire des impressions que j'ai eues en lisant ce livre, plus que l'histoire. Tout simplement parce que je me souviens plus de grand-chose.

J'avais du coup prévu de faire court, comme critique... mais bon.

D'ailleurs, après avoir terminé d'écrire cette critique, je n'avais qu'une seule envie : retourner chez mon père pour choper ce livre et le relire. Et il y a des chances que ce soit ce que je vais faire (les Marchombres attendront, même si j'ai HÂTE de relire cette trilogie — et en discuter avec Auré ne m'a pas aidée à résister. <3)(Mais, Les Morues, quoi.)

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MessageSujet: Re: Les Morues   Ven 15 Jan - 22:05

Hé, je suis tombée dessus l'autre jour, (ebook), et je me suis dit, allez, je le prends, je testerai ça !

Ce livre rejoint donc ma PAL, mais je pense le lire durant l'année 2016. Smile Que tu saches que ton appel à la lecture ne sera pas tombée dans l'oreille d'un sourd (ou pour le coup, dans l’œil d'un aveugle)... :P

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MessageSujet: Re: Les Morues   Sam 16 Jan - 11:20

Ohlala, je ressens la pression. Même si je sais que si vous n'aimez pas, ce n'est pas grave, c'est possible, on n'a pas forcément les mêmes goûts. Mais j'ai quand même ce petit côté crispé où t'aimerais bien que tout le monde comprenne l'amour que tu peux ressentir pour un truc, et prier pour ne pas avoir ce petit pincement au cœur quand on me dit "oh j'ai pas trouvé ça terrible".

Et j'ai recommencé à le lire du coup. Il est cependant en pause actuellement, vu que j'ai trois mille livres en cours de lecture...

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MessageSujet: Re: Les Morues   Sam 16 Jan - 19:28

Héhé. On verra bien. ^^ Je te tiendrai au courant. Mais comme je te dis, ce ne sera pas pour tout de suite vu la pile qui m'attend.

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MessageSujet: Re: Les Morues   Sam 2 Avr - 22:50

Je suis moins admirative que toi sur l'ensemble, Joyce, mais je suis bien contente que tu nous aies fait découvrir ce bouquin (et Titiou ♥). Et je poste enfin ma chronique !

Ema est une journaliste typiquement parisienne, qui mène une vie tout sauf rangée, refusant de se laisser enfermer dans un train-train quotidien bien rodé et dicté par la société. Quand son amie d’enfance, dont la vision de la vie diffère de la sienne sur le sujet, se suicide, Ema part doucement en vrille… Et se lance dans une enquête complètement barrée parce que, franchement, non, Charlotte n’a pas pu se suicider. Et encore moins avec un flingue.

Et c’est ainsi qu’on plonge dans le quotidien d’Ema, à travers son boulot où, moyennant quelques articles « people », elle réussit à glisser quelques articles plus creusés, à travers ses amis et, surtout, le trio féministe qu’elle forme avec Gabrielle et Alice. Au fil d’anecdotes sans lien apparent entre elles, on se glisse dans la vie d’Ema, on savoure la prose de Titiou Lecoq et ses idées sur le monde actuel. Un pan de vie où, finalement, l’enquête menée sur la mort de Charlotte fini par passer au second plan pour qu’on touche le but réel du roman : faire évoluer Ema, lui permettre de comprendre qu’elle peut avoir ses convictions tout en empruntant des chemins pseudo-conventionnels.
Car c’est bien toute la question soulevée par Les Morues : les cases sont réductrices mais rien ne nous empêche de nous y glisser pour déplacer les parois et les adapter à ce que l’on est, sans se perdre. Après tout, ces cases sont des repères sociétaux qui ne veulent rien dire si on décide d’en faire ce que l’on souhaite.

Les personnages sont intéressants, ils ont tous un petit quelque chose qui fait qu’on a envie de les suivre, de les comprendre et de les épauler dans leur épopée (parce que, oui, on peut parler d’épopée quand il s’agit d’un chemin de vie d’abord !). Une chose m’a particulièrement dérangée : le côté très parisien du livre. La provinciale que je suis ne peut s’identifier complètement à ces personnages. Il y a un réel clivage entre Paris et le reste de la France, un clivage que l’on sent bien dans ce livre. Il ne m’a pas empêchée d’apprécier pleinement ce roman mais il m’a encore rappelé à quel point les Parisiens sont différents du reste des Français. Je ne saurais même pas expliquer en quoi, c’est réellement un ressenti global. Les mentalités ne sont pas les mêmes, tout est dans le paraître, la course à la vie sociale la plus intéressante et la plus fun, le besoin de connaître les lieux branchés, de se sentir comme une personne libérée… Je me demande si c’est une question de pression, si c’est vraiment typique de Paris de devoir montrer qu’on est quelqu’un à travers tout ce que l’on fait. Oui, vous me direz, chaque être humain se définit à travers le regard de l’autre… Mais, vraiment, dans ce roman, il y a le côté « vie parisienne » très marqué pour définir une identité. Je pense qu’il faut le vivre pour le comprendre et, évidemment, de mon Sud natal, c’est compliqué. Quoi qu’il en soit, ce détail est devenu bien mineur au fil des pages.
Et d’ailleurs, on tombe parfois dans le cliché très à la mode du « celui qui travaille pour le capitalisme rate sa vie ». Les personnages qui travaillent pour les grosses boîtes à des postes importants sont mal lotis dans le roman, là où ceux qui ont un boulot différent semblent être vus comme des personnes qui s’épanouissent plus facilement. Je ne dis pas que c’est faux, mais je ne pense pas que cela soit vrai : le roman est un peu trop dans le tout noir ou tout blanc sur ce point et c’est dommage.  

Titiou Lecoq a une plume agréable. Ce n’est pas à travers des envolées lyriques qu’elle s’exprime mais à partir d’un phrasé très actuel et qui pourtant fait mouche. Elle réussit à mettre les mots justes sur ce qu’elle cherche à transmettre. On est loin de la plume des grands auteurs classiques mais, finalement, on est pile poil dans une écriture qui parle très bien au lecteur et, en fouillant un peu, on trouve du très beau dans quelque chose qui semble simple au premier coup d’œil.
On retrouve complètement le style de la journaliste dans ce roman : ceux qui ont déjà fait un tour sur ses articles ou sur son blog retrouveront ce qui fait le charme de son écriture.

Au-delà des préoccupations quotidiennes de nos personnages, Titiou Lecoq soulève des questions plus profondes, comme la privatisation de la culture ou le féminisme. La privatisation de la culture est un sujet intéressant mais c’est du féminisme (et non, ce n’est pas un gros mot) que je préfère parler. Les Morues, c’est le trio initial formé par Ema, Gabrielle et Alice, un trio dont le but est d’établir une charte du féminisme basée sur les expériences de chacune… et c’est important. Aujourd’hui, trop nombreux sont les gens qui ne comprennent pas que le féminisme n’est pas une notion figée. Le féminisme, c’est ce que chacun (eh oui, pas chacune parce que ce n’est pas réservé qu’aux femmes) décide d’en faire pour lui. Ema, Gabrielle et Alice adaptent des idées générales à leurs envies, leurs expériences et c’est là que j’aime Titiou Lecoq : elle rappelle que le féminisme c’est avant tout vouloir mettre les femmes au même niveau que les hommes de la façon dont elles le souhaitent. Le sexe ? C’est comme tu veux : dans tous les sens avec tout le monde ou en missionnaire avec la seule personne que tu as connue dans ta vie. Le couple ? C’est comme tu veux : engagement précis ou limite floue. Ta tenue ? C’est comme tu veux : que tu portes des talons de 15 cm malgré la douleur parce que tu te sens bien ou que tu te balades avec ton vieux fute qui a fait la guerre et qui a un aspect douteux. Le féminisme, c’est ça, c’est pouvoir faire, dire, penser comme tu le veux sans qu’on te dise « mais t’es une femme, tu peux pas faire ça » ou pire « tu peux faire ça mais… il y a des conséquences ». Et ça, Titiou, elle nous l’écrit noir sur blanc et ça fait du bien. Nos trois héroïnes féministes doutent parfois de leur engagement avant de se rappeler que, merde, c’est bien parce qu’elles font ce qu’elles veulent qu’elles sont féministes, et pas parce qu’elles suivent un concept. Elles écrivent leur charte mais la modifient au gré du fil de leur vie. Et ça, les enfants, c’est le point important que je veux garder de ce livre si je ne dois en retenir qu’un. Qu’on soit Parisien ou Provincial, qu’importe : faisons ce qu’on veut, quand on veut sans que notre genre ne soit une limite imposée par des personnes qui osent penser qu’un sexe implique une différence entre deux individus.

Au final, ce livre, c’est un peu comme le blog de Titiou Lecoq : une tranche de vie, à travers différentes situations mais qui permettent aux personnages de se construire, d’avancer, de vivre. Et pour tout ça, je ne peux que le recommander. Il se lit rapidement, détend, mais fait aussi réfléchir. Ce n’est pas le roman du siècle, ce n’est pas ce que j’ai lu de meilleur mais j’ai passé un bon moment. J’ai apprécié chaque page malgré les petits défauts, malgré certains clichés qui m’ont fait lever les yeux au ciel, et je suis sûre que d’autres sauront aussi apprécier.

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MessageSujet: Re: Les Morues   Lun 9 Mai - 20:05

Bon, je vais commencer tout de suite par le point central de ma critique : je n’ai pas aimé cette lecture. Elle part dans tous les sens, est complètement décousue, les personnages (à part un) sont très stéréotypés et souvent très agaçants, la plume n’a rien d’exceptionnel et est même parfois très maladroite selon moi et la façon dont l’auteure a abordé la cause féministe m’a hérissée et j’avoue que je ne comprends pas vraiment pourquoi elle a voulu mettre autant d’informations dans son roman. À vouloir trop jouer avec les genres et les thèmes, on finit par se perdre et à faire s’écrouler les éléments qui prenaient forme.

Bien sûr, cet avis n’engage que moi, mais je crois que la quatrième de couverture n’a pas aidé à me faire apprécier ce livre. Elle enfonce le clou sur tous les points qui m’ont gênée, alors que le tout semblait plus que prometteur. Je pense que je suis tombée de haut et que ce résumé a mis en exergue tout ce qui m’a déçue, rendant finalement ces éléments détestables. Je vais d’ailleurs reprendre cette quatrième de couverture, pour vous montrer ma déception.

C'est l'histoire des Morues, trois filles - Ema, Gabrielle et Alice – et un garçon – Fred – --> Alors jusque-là, tout va bien.

trentenaires féministes pris dans leurs turpitudes amoureuses et professionnelles. --> Là, ça commence déjà à se gâter. Pour moi, le féminisme n’est pas tout à fait ce que ces personnages font. Il s’agit plus de lamentations et de haine dirigées contre la gent masculine et ça me gêne profondément. Le féminisme n’est en rien la haine des hommes. Ce n’est pas le seul élément, j’y reviendrai plus loin.

Un livre qui commence par un hommage à Kurt Cobain --> Effectivement, sur quelques pages on parle du Kurt Cobain, mais en soi, ça n’a pas d’importance dans l’histoire, pourquoi mettre en avant cet élément ici si ce n’est pour exagérer la multitude des genres ?

continue comme un polar --> Quatre gus mènent une enquête de façon peu crédible... De là à parler de polar, c’est un peu trop également. On peut parler tout de même de petite enquête, certes, ça passe.

vous happe comme un thriller de journalisme politique --> Alors là par contre, je dois dire non. Vraiment. Comment on peut parler d’un thriller dans un tel cas ? Pas une seule fois je n'ai senti le moindre suspense, alors juste non. Je n’ai en rien été « happée comme [dans] un thriller »... J’en suis encore hérissée en y repensant maintenant... Une belle promesse pas tenue du tout.

dévoile les dessous de la privatisation des services publics --> Alors par contre, ça oui ! C’est d'ailleurs la partie que j'ai le plus appréciée (ainsi que le développement de Fred dans son groupe d'amies). C’est la seule partie qui ne m’a pas déçue par rapport à ce qui était présenté.
et s'achève finalement sur le roman de comment on s'aime et on se désire, en France, à l'ère de l'Internet. --> Heu... Ouais... Je ne vois pas pourquoi on se fixe comme ça sur Internet qui n’a presque pas de lien avec l’histoire, ni l’envie de vouloir à tout pris préciser « en France » à croire que ça ne peut pas se produire en dehors des frontières de l’hexagone. Voilà, voilà...

C'est le roman d'une époque, la nôtre. --> Ohhhh, la belle phrase qui veut tout et rien dire à la fois...

Bref, nous voilà donc en face d’une montagne de promesses qui se révèle finalement plein de mensonges... Une quatrième de couverture digne des meilleurs discours politiques du moment. Haha.

Dès les premières pages, j’ai déjà ressenti quelques problèmes dans ma lecture, notamment avec ces femmes qui se vantent d’être féministes et qui pourtant utilisent un vocabulaire qui me dérange profondément... Par exemple déclamer haut et fort « je vais aller faire ma pute » non, ça ne passe pas. Il faut se respecter un peu en tant que femme je trouve, c’est un peu la base, non ? Et autant vous le dire tout de suite, ce n’est pas la seule chose qui m’a fait tiquer. Un autre passage aussi qui parle des relations de couple homme-femme « Mais pourquoi ? Ils ne les aimaient pas moins qu'elles. Même si c'était ce dont elles les accusaient sans cesse. Juste ils avaient appris, ils avaient été conditionnés pour faire passer leurs besoins en priorité. Pas elles. Elles n'osaient pas encore. Elles se traînaient des siècles de culpabilisation. Eux, ils avaient trente ans de revendication féminine dans les dents et on avait déjà l'impression que ça les écrasait, que c'était trop lourd pour leurs viriles épaules. » Je ne pense pas que d’être féministe veuille dire se poser en victime et en vouloir aux hommes, les faire passer pour des pigeons ingrats, bornés et conditionnés par les années, trop cons pour penser par eux-mêmes. Non... Juste non. Et sinon, déjà l’idée de la charte des Morues est selon moi déjà quelque peu incohérent dès le début. Les femmes peuvent selon moi faire ce qu'elles veulent, quand elles veulent, où elles veulent, elles sont libres ! Donc aller s'obliger à obéir à une charte ce n’est peut-être pas la meilleure idée du monde, on en revient de nouveau à enfermer les femmes dans des petites boîtes...

Pour ce qui est des personnages, j’ai adoré Fred, qui va suivre une évolution très intéressante au contact des Morues. Il est touchant, a une vision des choses assez différente du lambda moyen, mais il va petit à petit s’ouvrir au monde et vivre heureux. Je l’ai trouvé sympa comme tout. Par contre, les autres, bof... Rien de particulier, sans oublier Ema qui m’a profondément agacée. Elle est colérique, intolérante et pique des crises de nerfs pour un rien. Fort probablement en dépression depuis des années, elle s’enferme dans son monde, tente de se convaincre que tout va bien et que d’avoir une sexualité débridée et d’être un véritable démon prêt à sortir les dents à tout instant c’est parfaitement normal.
Spoiler:
 
Donc on est finalement face à une belle caricature de la femme haïssable, qui ne sait pas ce qu'elle se veut, qui dénonce la société de consommation tout en ne pouvant pas se passer de ses bottines, qui, d'un côté, ne veut pas se mettre en couple au nom de je ne sais quoi mais qui veut quand même être en couple, qui est méchante et agressive avec son entourage et qui s’en prend méchamment à un gars qui semble l’aimer sincèrement et lui correspondre, mais non, au nom de je ne sais quoi, elle ne doit pas se mettre en couple... Pitoyable !

Heureusement que la petite enquête qui va mener notre petit groupe à aller fourrer leur nez dans les sales affaires d’une société ! J’avoue que certains aspects étaient sympathiques, même si la façon d’obtenir des indices n’était pas toujours crédible. La dénonciation de la privatisation des services publics, c’était également appréciable, ça m’a poussé à réfléchir sur certains points. Par contre, autant dire que ce n’est pas ça qui a rattrapé le tout.

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Dernière édition par Enorah le Mar 17 Mai - 1:04, édité 1 fois (Raison : CPE)
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MessageSujet: Re: Les Morues   Mar 10 Mai - 1:49

Bon allez, après ton avis je me lance à la one again.
Quoique mitigée moi aussi sur ce roman, j'en ressors moins déçue. C'est étrange parce que j'ai l'impression qu'on n'a pas du tout eu la même lecture.
Comme je le disais précédemment, Les Morues est un sympathique roman qui suit les déboires d'une bande de trentenaires, et plus particulièrement ceux de Fred et Ema, personnages hauts en couleur et attendrissants chacun à leur façon... Sauf que

Sauf que s'il remplit parfaitement sa mission de divertissement avec des personnages atypiques auxquels on s'attache malgré nous, ce roman est prétentieux. Prétentieux premièrement parce qu'il se veut engagé alors qu'il ne fait qu'effleurer les sujets dont il veut parler et que l'on nous vente dans la quatrième de couverture : le féminisme (réduit à un féminisme de comptoir aux réflexions assez limitées), la politique (seul prétexte à une pseudo enquête), les conventions sociales ou encore le viol (réduit à une page, ce qui ne peut qu'étonner, voire même être ridicule de la part d'un livre voulant faire la part belle au féminisme, tellement il y aurait à dire sur le sujet). Deuxièmement, parce que l'auteur m'a donné la vague impression de vouloir tartiner sa culture à travers son livre : vas-y que je te cite du Musset, du Simone de Beauvoir, du Michel Foucault/Jeremy Bentham et sa théorie du panoptique, etc.
En conclusion, un livre ma foi sympathique par son aspect "histoire légère de déboires de trentenaires" (et c'est avant tout ce côté que j'ai grandement apprécié) mais qui se prend bien trop pour un livre profond alors que le contenu est finalement très superficiel.

____________________________________________
 

Voilà pour mon avis. Maintenant, je me permets de réagir à certaines de tes remarques Jacana, avec lesquelles je ne suis pas en accord (parce que sinon ça serait pas drôle).

Déjà, je ne comprends toujours pas le
Citation :
Il s’agit plus de lamentations et de haine dirigées contre la gent masculine et ça me gêne profondément.
Je n'ai pas du tout lu ça dans le roman (pourtant dieu sait que des féministes qui rejettent les hommes, j'en connais xD), du coup je me demande à quel(s) passage(s) en particulier tu te réfères et que j'aurais ratés ?

Ensuite c'est drôle mais je n'ai pas du tout le même point de vue que toi sur Ema que je ne considère pas comme une personne en dépression.
Elle est certes un peu farfelue et très épanouie sur son corps et sur sa sexualité (d'ailleurs, je ne pense pas que l'idée était volontaire mais ta tournure de phrase me gêne un peu, avoir une sexualité débridée n'est pas plus anormal que coucher toute sa vie durant avec un seul partenaire, chacun fait ce qu'il veut en matière de sexualité) et parfois un peu extrême voire borderline à certains moments
Spoiler:
 

Et puis un autre point que je voulais soulever, même s'il n'a rien à voir avec le livre lui-même.
*Instant féministe on*

Citation :
Je ne pense pas que d’être féministe veuille dire se poser en victime et en vouloir aux hommes, les faire passer pour des pigeons ingrats, bornés et conditionnés par les années, trop cons pour penser par eux-mêmes. Non... Juste non.

Je pense que la citation que tu as mise est très mal formulée par l'auteur (faut dire qu'elle n'a absolument pas lieu d'être dans la crise existentielle d'Ema mais bon xD) mais je comprends l'idée derrière (même si encore une fois ça n'a absolument rien à faire dans ce contexte). Je me suis pas mal posé la question en commençant à me déconstruire en tant que féministe "Est-ce que j'ai vraiment envie de me définir comme une victime ?" sauf que je me suis rendu compte que, malgré moi, à cause de la société patriarcale et des inégalités, j'en suis une. Et que les hommes, étant des hommes, peuvent avoir du mal à percevoir certaines inégalités tout simplement parce qu'ils n'en sont pas victimes et ne les vivent pas au quotidien puisqu'on est dans une société qui les privilégie malgré eux (déjà que certaines filles ont du mal à les voir, vivent les conditionnements sociétaux et les éducations genrées \o/, c'est d'ailleurs pour ça qu'on parle de "déconstruction") tout comme, en tant que blanche, j'ai eu du mal à percevoir à quel point on vit dans une société raciste avant d'écouter des concernés en parler. Après il y a aussi des hommes déconstruits et militants féministes donc on est d'accord que c'est complètement débiles de tous les mettre dans le même panier sous prétexte que ce sont des hommes (ce que beaucoup de féministes ont malheureusement l'habitude de faire U_U).

Citation :
Les femmes peuvent selon moi faire ce qu'elles veulent, quand elles veulent, où elles veulent, elles sont libres !
Fauuuux ! En théorie oui, dans les faits, on est limité. D'une part par les représentations genrées qu'on nous donne depuis tout petits et qui nous limitent souvent à des univers (autant filles que mecs par ailleurs) et d'autre part parce que... *gros blabla chiant de féministe sur cette foutue société patriarcale et l’oppression des femmes qui leur pourrie la vie. XD*

J'estime que les femmes seront libres de faire ce qu'elles veulent quand on arrêtera de les traiter de "putes" quand elles ont un rapport débridé à leur sexualité, là où, bien sûr, un mec dans la même situation sera considéré comme "un gentleman" (au pire si elles aiment se faire prendre par trois mecs différents tous les soirs, du moment que tout le monde est majeur, protégé et consentant, on s'en fiche), quand on cessera de considérer leurs tenues comme pouvant justifier des remarques déplacées, des agressions, voire pire, un crime, quand on verra (plus) de femmes dans les postes à responsabilités (avec le même salaire que les hommes), quand les femmes auront une vraie crédibilité dans des milieux réputés masculins (milieu scientifique par exemple) etc, etc.

Le "où elles veulent" est aussi à remettre en question. Je ne sais pas si tu t'es penchée dessus mais il y a pas mal d'études (et notamment une thèse de sociologie si je ne dis pas de bêtise) sur l'absence des femmes dans l’occupation de l'espace public, qui est un milieu essentiellement masculin.  

*Instant féministe off*

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MessageSujet: Re: Les Morues   Mar 10 Mai - 8:27

Pour ma première citation, il s'agissait surtout de cette fameuse citation que j'ai mis plus loin, que tu trouves toi mal formulée par l'auteur. Alors, c'est tout à fait possible que ce soit très mal formulé, quoi qu'il en soit, c'est que pour moi, ça a passé très mal. En ce qui concerne la haine, je pensais aussi aux raisons de ne pas se mettre en couple d'Ema, parce que ça finit toujours mal, parce que les hommes ci et ça... Et aussi le fait de s'en prendre à lui alors qu'il est adorable et souhaite l'étrangler parce qu'il a trouvé un meilleur job. Bon, j'avoue du coup que c'est surtout Ema le problème dans tout ça.

En ce qui concerne le quand elle veulent, où elles veulent, etc. Je ne dis pas que c'est la réalité des faits, je dis juste que c'est ce qui devrait être en fait. Donc du coup, tout ce qui est après ton "en théorie" je suis d'accord, mais ce n'était pas ce à quoi je pensais exactement.

Sinon, en ce qui concerne Ema, c'est de nouveau surtout ses sautes d'humeur contre son homme. Franchement, maintenant que j'en sais plus sur la dépression, ça ne m'étonnerait pas plus que ça. Et quand je vois qu'elle dit voir un psy en fin de livre, je pense que je n'étais pas totalement à côté. En ce qui concerne sa sexualité, elle fait ce qu'elle veut, dès le moment où elle est d'accord avec ça. Or elle semble elle-même se trouver pas tout à fait "normale". Donc pour moi, c'est là où ça coince, elle n'a pas l'air si épanouie que ça. D'ailleurs, quand elle revient
Spoiler:
 

Bon, du coup, ça me fait entrevoir que le fait que d'avoir des amis peut aider à remonter la pente après une descente aux enfers, et ça, c'est vraiment beau, maintenant que j'y réfléchis.

Bref, je suis en cours en fait et là je dois suivre, donc faut que je boucle. ^^

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MessageSujet: Re: Les Morues   Sam 14 Mai - 16:27

Voila ma critique sur les Morues. ( faite au boulot... vive les samedis désertiques...'-')

Les Morues, c'est le groupe formé d'Ema, de Gabrielle, d'Alice, et de Fred. Un petit cercle fermé qui se retrouve avec plaisir pour refaire le monde. Jusqu'au jour où Charlotte, l'amie d'Ema, se suicide. Cette dernière, ne comprenant pas son geste, se penche alors sur l'enquête qu'elle menait en tant que journaliste. On va donc suivre l’enquête menée par Ema, épaulée par Fred, le garçon de la bande.

Titiou Lecoq nous plonge dans la vie de trentenaires modernes avec leurs vies amoureuses et professionnelles. Des personnages qui se comportent en ados attardés et qui repoussent responsabilités et engagement sentimental. Ce livre parle de féminisme, de la privatisation des services publics, des identités virtuelles, du vide des réseaux sociaux, des relations des jeunes urbains, de beaucoup de sujets. Et à mon humble avis, on s'éparpille un peu...

J'ai eu du mal à entrer dans l'histoire et l'ensemble me laisse avec une impression confuse à cause de l'alternance des intrigues, des changements de sujets qui alourdissent la trame du roman. Il y a pourtant des passages drôles, agréables et des réflexions intéressantes. Oscillant sans cesse entre des idées très sérieuses, des références culturelles pointues et un ton très cru, parfois trop , ce livre peut heurter par son langage. Certains passages sont vraiment lourds et pas vraiment utiles.

Une chose m'a marquée, voire dérangée  à propos d'Ema et de son histoire. On dirait que si Ema aime le sexe "violent" (ce terme est trop fort mais je n'en trouve pas d'autre) pour trouver son plaisir, c'est parce qu'elle a été violée, il y a des années... et je sais pas je trouve ça un peu maladroit. Comme s'il fallait une bonne excuse ou une excuse particulière pour justifier des gouts sexuels "violents"...

Étant moi même trentenaire, (un constat qui fait mal...xD), je ne me suis absolument pas reconnue dans ce roman, pourtant censé être de ma génération... bon même si il est sorti en 2010 et qu'on est en 2016... Mais grosso modo on reste dans la génération.  Même les références au titre de chansons et les passages de chanson en plein milieu du texte ne me touchaient pas vraiment, parce que je ne comprenais pas la raison de leur présence. En plus étant une bille en anglais, ça n'aide pas.

Je ne pourrais pas dire si j'ai aimé ou pas. J'ai aimé l'amitié qui lie cette bande , le ton , le coté rock & roll, la dénonciation de la privatisation du service public ; j'ai été barbée par l'enquête et déçue par la fin... en terminant ce livre, j'ai eu une impression d'inachevé. Que, depuis le début du roman, rien n'avait bougé, ou si peu...

Un ouvrage que je n'ai pas détesté, mais que je n'ai pas adoré non plus. Néanmoins, c'était une lecture assez agréable dans son ensemble.

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MessageSujet: Re: Les Morues   Mar 17 Mai - 13:14

Jaca> En fait, il me semble qu'Ema blâme plus le "couple" en soi et l'image (clichée et fausse) qu'elle s'en fait, plutôt que les mecs, dans son refus d'être en couple justement. Pour moi elle essaie trop de mettre ça dans des cases (célibataire vs en couple (qui équivaut pour elle à prise de tête)) et c'est ça qui la bloque alors que ça n'a pas lieu d'être.  

Spoiler:
 

Finalement, je me dis que si on a autant de divergences concernant le personnage d'Ema, c'est tout simplement que le personnage est super mal écrit non ? Il y a plein de flous sur le personnage que chacun interprète comme il veut (en témoigne nos points de vue différents) et qui sont, je trouve, super problématiques sur un personnage comme Ema.
Je n'ai pas vu le personnage comme ça, mais le fait que toi tu la vois comme ça et que donc d'autres puissent la voir comme ça me pose un véritable souci. Pour une fois qu'on voit une femme assumer sa sexualité dans une fiction, c'est presqu'aussitôt assorti d'un cliché de slut shaming (Olalah, une fille qui sort, boit, couche avec qui elle veut quand elle veut a forcément un problème !) à cause de tout le flou que l'auteur laisse autour ! Ça me révolte un peu...
[Du coup je blâme ici l'écriture du personnage et non ton interprétation justement hein ?]

En ce qui concerne le viol (comme ça je te réponds en même temps qu'a Elya), plus j'y réfléchis, et plus la façon dont le sujet est traité dans le bouquin m'énerve parce qu'il est encore une fois super problématique. Je n'ai pas forcément ressenti le fait qu'Emma aime le BDSM soit une conséquence directe de son viol mais effectivement, encore une fois, l'auteur laisse un flou sur le sujet qui est effectivement super dérangeant et, comme toi, ça m'a mise mal à l'aise. D'une part parce quem effectivement, le BDSM n'est pas quelque chose de malsain et que ce genre de sous-entendu ne fait que renforcer le cliché archi faux que l'on apprécie ces pratiques forcément parce qu'on a vécu un traumatisme (et le souci, c'est que c'est loin d'être le seul à le faire, coucou 50 nuances de Grey). D'autre part parce que c'est aussi un peu sous entendre que, parce que tu as été victime de viol, tu ne pourras jamais dépasser ça (alors que l'agression en soi est déjà assez traumatisante pour qu'en plus on culpabilise les victimes qui arrive à dépasser ça et ne plus en porter les stigmates).

Comme tu le dis Jaca, on suspecte une blessure pas encore guérie. *Petit point info* À savoir que ce sentiment de culpabilité se retrouve chez de nombreuses victimes (pas toutes) alors que la plupart du temps, c'est parce que la victime était en état de sidération qu'elle n'a pas pu agir. (Ce qui se passe dans la cerveau à ce moment là est très bien expliqué ici).

J'ai trouvé le petit passage où elle explique sa culpabilité par ailleurs bien expliqué. Il y avait justement un début de réflexion assez chouette qui aurait pu être approfondi, et puis le sujet en reste là... et puis on apprend qu'Ema voit un psy juste à la fin du livre, sans savoir si c'est nouveau ou si elle le voit depuis longtemps. Wut ? oO  

Du coup je ne comprends vraiment pas l'intérêt d'avoir absolument voulu faire d'Ema une victime si c'est pour bâcler autant le sujet et ne pas approfondir la psychologie du personnage. D'autant plus que, niveau intrigue, ça ne sert absolument à rien (à part 2-3 interactions entre des personnages) à part à justement jeter un flou qui est problématique comme cité plus haut.

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MessageSujet: Re: Les Morues   Mar 17 Mai - 16:55

Je pense que tout tourne autour d'un seul et même point, c'est très flou ! Tellement flou que j'ai d'ailleurs de la peine à vraiment exprimer ce que je souhaite notamment au sujet d'Ema, parce que, sur certains points, je ne suis pas très loin de ce que tu dis, pour les mêmes raisons, mais en me basant sur une autre déduction. Par exemple, quand tu dis plus haut que tu trouvais que je jugeais Ema pour sa sexualité débridée, en fait, ce n'était pas ce que je voulais qu'on comprenne en me lisant. Et j'ai senti ça notamment à cause de la scène du viol et je me rends compte que tu réexpliques plus ou moins ce que je voulais dire. Du coup je reprends juste sur ce point vu qu'on se rejoint. ^^ Je trouve que cette histoire de viol est floue et inutile dans l'histoire en fait ! Justement parce que c'est à cause de ça que j'ai remis un peu en cause tout ce qui se passe dans la sexualité d'Ema ! Certes, elle peut mener la vie sexuelle qu'elle veut, les pratiques qu'elle aime, etc. (comme tu dis, tant que tout le monde y trouve son compte, est majeur, consentant et protégé). Sauf que justement, l'histoire du viol est tellement mal amenée et j'ai tellement senti que la blessure n'était pas encore guérie que j'ai trouvé ça vraiment gênant... Comme tu le dis, pendant le viol en lui-même on peut ne pas réagir, ça, ce n'est pas un problème, c'est comme quand tu vois un événement marquant, tu peux rester de marbre alors que si tu avais réagis tu aurais pu aider / te protéger, etc. Justement quand elle parle de sa blessure, on voit qu'elle a hésité, qu'elle n'a pas osé porter plainte de suite, qu'elle avait l'impression de ne pas être sûre d'elle-même, ce qui me fait dire que la blessure n'est pas fermée. Et justement, à cause de tout ça, j'ai l'impression que vu que sa blessure est encore bien présente, sa sexualité n'est pas saine. /!\ Attention /!\ même si elle ne couchait qu'avec un seul et même homme je penserais sûrement la même chose si elle en parlait de cette façon tout du long. Après, je remplis les vides dus au flou du texte de cette manière... Mais c'est vraiment ce que j'ai ressenti. Je pense que si l'auteur n'avait juste pas parlé du tout de viol, j'aurais absolument rien dit quant au sujet de sa sexualité et de sa manière de voir le couple. Et cette histoire de psy dans les dernières pages, mais pourquoi ? Pour montrer qu'elle en avait besoin et qu'enfin elle va en voir un ? (Et qui du coup peut conforter ma vision des choses) Ou le voit-elle depuis des plombes et alors sa sexualité n'était en rien un synonyme de relations sexuelles malsaines ? (Comme tu le penses toi). Bref, j'en sais rien, mais c'est un peu louche d'amener une telle chose comme ça. Bref, je trouve que si on veut passer un message sur le viol, décrire ce que ressent une personne après coup sans s'arrêter trop longtemps sur l'acte, etc., il vaut mieux ne pas l'amener comme l'auteur l'a fait...

Du coup, j'espère que mon laïus (plus long que je ne l'aurais pensé au départ) t'explique clairement mon point de vue sur la chose. Comme toi je ne cautionne pas le slut shaming et je voulais t'exprimer plus en détail mon interprétation du personnage d'Ema. Smile

Pour ce qui est du fait de plutôt critiquer l'idée même d'être en couple plutôt que le conjoint lui-même, j'avoue que c'est tout à fait possible. Je ne l'avais pas vraiment vu comme ça... Mais ça se tient. Après, ça n'explique pas du tout pourquoi elle va pas bêtement parler avec son partenaire. Manque de communication... Aussi bien entre Ema et son mec qu'entre Titiou et moi apparemment. Hahaha. Non, dans ce second cas c'est différent, on ne se comprend juste pas je crois. :P

Je crois vraiment que l'on n'a pas rempli les vides qui parsèment le livre de la même façon. J'ai tout de même l'impression que les différentes versions se tiennent plus ou moins cela dit. Tout dépend des éléments que l'on a mis en avant, décortiqués et suivis avec plus d'attention tout au long de l'histoire.

Je ne sais pas si j'ai répondu à tout, j'ai peur de remonter et de perdre mon message. Mais en tout cas, il me semble que j'ai répondu à ce que je voulais répondre en priorité, à savoir clarifier mon interprétation sur Ema. Smile

Elya> Même sans être une bille en anglais, je trouve ça un peu nul de ne pas avoir proposé une petite traduction des passages de chanson en note de bas de page... Dans de tels cas je pense à l'auteur qui s'est embêté à chercher des chansons qui collent avec son univers et dont le texte vient apporter quelque chose à son texte, et qui finalement, juste parce qu'il n'offre pas de petite traduction, a fait tout ça pour rien pour un grand nombre de lecteurs... qu'il s'agisse de ceux ne parlant pas ou pas bien la langue ou de ceux qui ont la flemme de les lire en critiquant le fait qu'il n'y a pas de traduction en note de bas de page... Huhu. ^-^

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MessageSujet: Re: Les Morues   Dim 29 Mai - 14:07

Je ne suis pas fan du style, pas fan des personnages, pas fan de l'histoire qui est finalement un formidable fourre-tout...

D’abord, et peut être parce que j’ai été éduquée à coup de Comtesse de Ségur, j’ai vraiment du mal avec la vulgarité du langage employé dans le roman. Si encore c’était le langage des personnages… Mais non, c’est bien et très présent dans la narration. Même si cela relève en grande partie du point de vue employé par l’auteure, ça me gène profondément.

Ensuite, concernant l’histoire.
Je ne vois pas DU TOUT ce que Kurt Cobain vient faire là dedans… En effet, pourquoi mettre ça en avant sur le 4eème de couv', comme un hommage en plus (WTF ??? ) ça me dépasse… Bon, ça, c’est le fait de l’éditeur, pas de l’auteure.
Le thriller politique est inexistant. Il n’y a en effet aucun suspense, aucun sentiment de menace, pas vraiment de politique d’ailleurs, et à part une analyse intéressante menée par le personnage de Fred, c’est d’une inutilité totale, si ce n’est un prétexte pour l’enquête. Enfin… L’enquête...
Cette enquête policière est une vaste blague… Il n’y a aucune enquête. Enfin si, deux des personnages font des recherches, comme ça, histoire de. Sans vraiment pousser - cela dit, ce n’est pas leur métier, et la stérilité de leurs efforts est un point à mettre au crédit de l’auteure : faut pas déconner, on ne s’improvise pas journaliste d’investigation/enquêteur chevronné du jour au lendemain. Cependant, j’ai été un peu désenchantée de cette honnêteté par la facilité tout aussi suspecte avec laquelle les protagonistes obtiennent leurs indices pour qu’on connaisse finalement le fin mot de l’histoire de Charlotte. Je crois que j’aurais préféré que les choses restent dans le flou le plus total...

La notion d’amour, du « comment on s’aime et se désire » - en France ou ailleurs, quel intérêt ? - est tout aussi lamentable, puisqu’au final on n’explore réellement qu’une façon d’aborder la relation de couple, c’est celle d’Ema, forcément faussée par ailleurs du fait de la situation psychologique instable du personnage. Pour les autres… Ce sont plus des histoires de fantasmes (Fred) ou des survols des autres couples (Charlotte, Alice, Gabrielle) sans réelle analyse, et en plus dans un cas, impossible pour le lecteur de s’y identifier.

Dernier point mis en avant par le 4eme de couv', c’est le volet sociétal, entre instantané des trentenaires et féministe.
Autant vous dire qu’en tant que trentenaire, je ne me suis pas DU TOUT reconnue là dedans… Ou alors ça s’adresse aux fameux bobos chics parisiens, destiné à une élite que moi, pauvre provinciale, ne peut donc pas saisir. Il y a là-dedans un goût d’élitisme qui m’a rendu les personnages - notamment Ema - passablement antipathiques… Même Fred, potentiellement le plus attachant, m’insupporte avec ses obsessions (bon le fait que mon ex ait le même prénom et le même fantasme n’a sûrement pas aidé…) et ses atermoiements de pauvre petit génie trop intelligent pour accepter la vie banale des moutons moins bien dotés intellectuellement… Nouvel élitisme - limite insultant - qui exclu d’entrée le commun des mortels au QI malheureusement moyen et qui ne peut donc pas s'identifier...
Quant au féminisme, j’ai bien lolé. Je n’ai rien vu de tel dans ce livre, si ce n’est en effet un féminisme de comptoir sans saveur. Il n’y a pas d’analyse, seulement des « vérités », des lieux communs, des clichés assénés à grands coups de vodka - faisant douter même de leur crédibilité. On devrait donc en tout cas conclure que le féminisme, c’est ça : des nanas alcooliques dans un bar qui enchaînent les shots en débitant des niaiseries de magasines… Ça vend du rêve… En tout cas, oui, c’est un pas vers l’égalité homme-femme, mais je ne crois pas que ça en soit le meilleur volet...

Finalement, il n’y a que deux choses que j’ai appréciées dans le livre :
- la critique d’Internet et des relations qui s’y font, que j’ai trouvées intéressantes, argumentées, et j’ai eu l’impression que ça, au moins, l’auteure maîtrisait.
- l’ébauche de discussion sur la prostitution qui augurait un dialogue passionnant et qui a malheureusement fini en eau de boudin, totalement décevant, et qui finalement résume bien le livre : beaucoup - trop - d’idées qui auraient pu être intéressantes mais qui tombent à plat d’être traitées superficiellement...

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