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 Nouvelles Orientales

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L'erreur sociale


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MessageSujet: Nouvelles Orientales   Mer 29 Juin - 16:26

Nouvelles Orientales
Marguerite Yourcenar



informations
TITRE D'ORIGINE : Nouvelles Orientales.
DATE DE PARUTION : 1938.
NOMBRE DE PAGES : 168.
NOMBRE DE NOUVELLES : 10.
ÉDITION DE TON RECUEIL : Gallimard/ L’Imaginaire.
QUATRIÈME DE COUVERTURE :
Orientales, toutes les créatures de Marguerite Youcenar le sont à leur manière, subtilement. L'Hadrien des Mémoires se veut le plus grec des empereurs, comme Zénon, dans la quête de son Œuvre au Noir, paraît souvent instruit d'autres sagesses que celles de l'Occident. L'auteur elle-même, cheminant à travers Le Labyrinthe du Monde, poursuit une grande méditation sur le devenir des hommes qui rejoint la pensée bouddhiste.
Avec ces Nouvelles, écrites au cours des dix années qui ont précédé la guerre, la tentation de l'Orient est clairement avouée dans le décor, dans le style, dans l'esprit des textes. De la Chine à la Grèce, des Balkans au Japon, ces contes accompagnent le voyageur comme autant de clés pour une seule musique, venue d'ailleurs. Les surprenants sortilèges du peintre Wang-Fô, « qui aimait l'image des choses et non les choses elles-mêmes », font écho à l'amertume du vieux Cornelius Berg, « touchant les objets qu'il ne peignait plus ». Marko Kraliévitch, le Serbe sans peur qui sait trompait les Turcs et la mort aussi bien que les femmes, est frère du prince Genghi, sorti d'un roman japonais du XIe siècle, par l'égoïsme du séducteur aveugle à la passion vraie, comme l'amour sublime de sacrifice de la déesse Kâli, « nénuphar de la perfection », à qui ses malheurs apprendront enfin « l'inanité du désir... »
Légendes saisies en vol, fables ou apologues, ces Nouvelles Orientales forment un édifice à part dans l’œuvre de Marguerite Yourcenar, précieux comme une chapelle dans un vaste palais. Le réel s'y fait changeant, le rêve et le mythe y parlent un langage à chaque fois nouveau, et si le désir, la passion y brûlent souvent d'une ardeur brutale, presque inattendue, c'est peut-être qu'ils trouvent dans l'admirable économie de ces brefs récits le contraste idéal et nécessaire à leur soudain flamboiement.

Mathieu Galey
Y A-T-IL UNE SUITE ? Pas que je sache.



© aurélie

Ton avis
LE RECUEIL EN UN MOT : Doux.
TA NOUVELLE PRÉFÉRÉE : Kâli décapitée.
UNE CITATION :
« Nous sommes tous incomplets, dit le Sage. Nous sommes tous partagés, fragments, ombres, fantômes sans consistance. Nous avons tous cru pleurer et cru jouir depuis des séquelles de siècles.
— J’ai été déesse au ciel d’Indra, dit la jeune courtisane.
— Et tu n’étais pas plus libre de l’enchaînement des choses […] »
UNE NOTE SUR 10 : 7.
TON AVIS : Les Nouvelles Orientales représentent une bonne partie de mon enfance et des histoires qu’on me racontait avant d’aller me coucher. J’en avais gardé d’excellents souvenirs, images et beaucoup d’affection. À la relecture cependant je suis beaucoup plus mitigé.

J’aime beaucoup l’écriture de Marguerite Yourcenar, à la fois simple et belle, presque naturelle, légère. Cette impression qu’il n’y a pas de meilleure formulation pour dire les choses qu’elle dit, tout en étant concises, minimales. Et c’est justement ce minimum de détails, cette simplicité qui fait toute la majesté des propos qui y sont développés, de la même manière que, dans L’élégance du hérisson, Mme Michel se laisse prendre par la légèreté des paysages dans les films de Yasujiro Ozu.

Les histoires racontées — qui pour certaines s’apparentent davantage au conte —, quand bien même elles sont parfois atroces avec du recul, ne quittent pas cette optique de beauté. Lorsque Kâli revient des morts, sa tête rattachée au cadavre d’une prostituée, là où la nouvelle pourrait partir dans le gore ou le pathos elle fait au contraire la décision d’engager une réflexion profonde et magnifique sur la nature des êtres et de leurs imperfections. Lorsque Marko Kraliévitch est torturé, c’est à travers la passion et le soulagement qu’on nous montre ce qui aurait pu être de la douleur. Lorsque Wang-Fô est condamné à mort, c’est l’art et l’imagination qui le transportent dans une autre dimension.

Les Nouvelles Orientales ont ainsi un côté magique, renforcé par l’exotisme des légendes et des croyances sur lesquelles elles se basent (très peu d’entre elles sont finalement un travail de pure imagination, la plupart tient ses inspirations dans les cultures abordées).

Néanmoins, le principal reproche que j’aurais à faire est que toute cette magie disparaît selon moi à cause de certains choix de narration et notamment la décision de faire d’une trop grande partie des nouvelles un récit rapporté ou une histoire racontée par des gens du présent. L’homme qui a aimé les Néréides perd ainsi toute sa fabulosité dès lors qu’on se situe dans l’époque moderne. Il en va de même pour Le sourire de Marko, raconté par des personnes contemporaines entre la poire et le fromage sur un bateau en plein voyage. Je leur ai largement préféré les nouvelles qui justement ne sortent jamais d’elles-mêmes, comme La veuve Aphrodissia ou Kâli décapitée. Justement parce qu’on n’est jamais transporté ailleurs que dans le récit. Et, selon moi, ça n’apporte rien de donner la narration à un personnage dans le contexte de ces nouvelles-là. Je trouve bien dommage ce parti pris.

Dans l’ensemble, c’est un livre de bonne qualité et qui saura toujours me faire rêver, mais pour lequel j’ai tout de même des soucis et qui ne me donne plus autant de sensations qu’avant. Je suis un peu déçu mais pas dramatiquement non plus.
À QUI LE CONSEILLES-TU ? À tout le monde. Tant les petits qui, s’ils ne seront pas sensibles aux messages profonds véhiculés par l’œuvre, ne seront pas insensibles à la magie que les grands, pour lesquels un autre niveau de lecture amenant une réflexion sur la nature humaine est toujours intéressant.



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Dernière édition par L'erreur sociale le Mer 29 Juin - 22:13, édité 2 fois (Raison : [CPJ])
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