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 Capitale de la douleur, suivi de L'amour la poésie

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L'erreur sociale


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MessageSujet: Capitale de la douleur, suivi de L'amour la poésie   Mer 31 Jan - 7:38

Capitale de la douleur, suivi de L’amour la poésie
Paul Eluard



informations
TITRE D'ORIGINE : Capitale de la douleur, suivi de L’amour la poésie.
DATE DE PARUTION : 1926 pour Capitale de la douleur, 1929 pour L’amour la poésie, 1964 pour la première édition regroupant les deux recueils.
NOMBRE DE PAGES : 256.
NOMBRE DE POÈMES : 195 en tout (113 pour Capitale de la douleur, 82 pour L’amour la poésie).
ÉDITION DE TON RECUEIL : Poésie/Gallimard.
QUATRIÈME DE COUVERTURE : /
Y A-T-IL UNE SUITE ? Non.



©️ aurélie

Ton avis
LE RECUEIL EN UN MOT : Humain.
TON POÈME PRÉFÉRÉ :
Ta chevelure d’oranges dans le vide du monde
Dans le vide des vitres lourdes de silence
Et d’ombre où mes mains nues cherchent tous tes reflets.

La forme de ton cœur est chimérique
Et ton amour ressemble à mon désir perdu.
O soupirs d’ambre, rêves, regards.

Mais tu n’as pas toujours été avec moi. Ma mémoire
Est encore obscurcie de t’avoir vu venir
Et partir. Le temps se sert de mots comme l’amour.
UNE NOTE SUR 10 : ♥️/10.
TON AVIS :
J’ai longtemps hésité à poster une critique de ce recueil. Par peur de ne pas trouver les mots, ou de trouver les mauvais. Par peur d’avoir trop à dire et de finalement ne rien dire. Par peur de ne pas lui rendre justice. Mais je ne me voyais pas ne jamais aborder le monument que représente pour moi le couple Capitale de la douleur et L’amour la poésie. Et j'ai fait le choix d'un minimalisme tentateur plutôt que d'une analyse littéraire détaillée.

J’ai peut-être déjà évoqué, çà et là, mon amour profond pour Eluard et, de manière générale, la poésie surréaliste. J’ai peut-être aussi raconté comment c’est Eluard qui a ouvert mes yeux sur la poésie, bien plus que ne l’ont jamais fait tou•te•s les poète•sse•s étudié•e•s en cours de français. Plus que Baudelaire, plus que Prévert, qu’Hugo, dont je respecte et admire le travail, biiiiiien plus que cette horreur de Ronsard dont, plusieurs années après les avoir lus, les textes me donnent encore la nausée lorsque je pense à nouveau à eux, c’est Eluard qui le premier m’a donné envie de lire de la poésie, de m’en imprégner, de nager dans les sensations qu’elle seule peut offrir. J’avais trouvé en ses poèmes quelque chose qui me parlait, au plus profond de moi-même, quelque chose qui me faisait vibrer en phase avec elle, comme quelque chose qui aurait fait partie de moi toute ma vie sans que je ne m’en rende compte, ou comme quelque chose que j’aurais perdu il y a tellement longtemps que je l’aurais oublié et que j’aurais retrouvé avec eux.

Parce qu’Eluard m’a fait réaliser ce qui, pour moi, importe en littérature : la langue. La langue comme médium à part entière d’émotions, comme véhicule de sens indépendant. À mes yeux, la forme d’un texte, la structure de ses phrases, la recherche de ses mots, l’agencement de ses phonèmes, son rythme, ses sonorités, son rendu viscéral importe infiniment plus que le fond, d’autant plus que toute histoire a déjà été racontée par une autre personne, et que la seule différence résidera dans le comment elle est racontée. Et, de ce côté-là, le travail sur le style est particulièrement minutieux dans l’œuvre d’Eluard. Et pourtant, elle est étonnamment accessible : là où Lautréamont a rédigé des textes d’une densité et d’un hermétisme remarquables, là où le génie de Rimbaud a produit des poèmes inhumainement cryptiques, Eluard impressionne par son minimaliste humble Persuadé que l’écriture de la poésie est à la portée de tout être humain (idée que je partage), c’est avec un langage simple qu’il rédige, un langage du quotidien, un langage qui parlera à tou•te•s. C’est ce qui fait sa force, son charme, son intensité. Et c’est ce qui rend ses textes profondément proches du/de la lecteur•trice. En arpentant ses textes, je le voyais, j’arrivais à l’imaginer, à imaginer ce qu’il pouvait ressentir à ce moment précis. C’est le premier poète avec lequel je ressens ce niveau de proximité. (Si je voulais faire un jeu de mots, je dirais que je pouvais lire en lui comme en un Livre ouvert lol )



Portrait de Paul Eluard par Pablo Picasso.

Mais pourquoi Capitale de la douleur, suivi de L’amour la poésie ? Tout ce que j’ai dit avant s’applique à ses autres textes, si l’on oublie peut-être ses tout premiers. Qu’est-ce qui rend cet ouvrage-là particulier, qu’est-ce qui fait de lui mon livre préféré tous genres confondus, celui duquel je ne me sépare jamais, celui dont j’ai toujours un exemplaire pas trop loin de moi ?

Eh bien tout d’abord parce que c’est celui qui a eu le plus d’effet sur moi. Celui qui m’a le plus pris aux tripes, celui qui m’a le plus touché. Ensuite, et peut-être mon avis est-il biaisé à cause de la raison précédente, je considère que c’est son ouvrage le plus intelligemment construit, le plus réfléchi, le mieux écrit (rien que le titre plus poussé que les autres et aux sens multiples donne une idée sur le contenu). Cela dit, il est difficile de découper en livres l’œuvre d’Eluard, puisque lui-même publiait au départ ses poèmes sous forme de plaquettes, et bien des poèmes ont été repris dans des livres différents, dans des sections différentes de livres différents, aussi les recueils d’Eluard (à part ses collaborations, comme Les Mains libres) sont à aborder sous un angle thématique plus que chronologique, et c’est aussi la raison pour laquelle Capitale de la douleur et L’amour la poésie sont réunis en un (si le premier est trouvable seul, le deuxième n’apparaît pas à part dans une seule édition encore sur le marché de nos jours), et c’est un thème qui m’a, au moment de la primolecture, en pleine dépression, particulièrement marqué, plus que celui qu’il développe sans ses autres livres (la résistance, l’art, etc.) : la souffrance de l’être et la recherche d’éléments du monde pour pallier cette souffrance (le beau, l’amour, l’existence).


Bref.

En trois mots, ce recueil est beau, simple, humain. Et c’est fantastique.
A QUI LE CONSEILLES-TU ? Je vais répéter ici ce que j'ai dit à propos des Mains libres : je le conseille à tou·te·s celleux qui liront avec le cœur plutôt qu'avec les yeux. À tou·te·s celleux qui chercheront à comprendre. si l'âge n'est pas une limite, l'ouverture d'esprit en constitue une. C'est un ouvrage surréaliste qui renferme plein de bonnes choses à qui sait voir à travers.




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MessageSujet: Re: Capitale de la douleur, suivi de L'amour la poésie   Lun 5 Fév - 12:37

Wouaw... La façon dont tu en parles... C'est beau, c'est tentant !

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MessageSujet: Re: Capitale de la douleur, suivi de L'amour la poésie   Lun 5 Fév - 15:18

C'est le but ! :p

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Dernière édition par Jacana le Lun 5 Fév - 16:09, édité 1 fois (Raison : [CPJ])
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MessageSujet: Re: Capitale de la douleur, suivi de L'amour la poésie   

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