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 L'homme qui savait la langue des serpents

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Epo9


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MessageSujet: L'homme qui savait la langue des serpents   Dim 8 Juil - 17:24

L'HOMME QUI SAVAIT LA LANGUE DES SERPENTS
ANDRUS KIVIRÄHK



informations
TITRE D'ORIGINE : Mees, kes teadis ussisõnu
DATE DE PARUTION : 2007.
NOMBRE DE PAGES : 421.
ÉDITION DE TON LIVRE : Le Tripode.
QUATRIÈME DE COUVERTURE : Empreint de réalisme magique et d'un souffle inspiré des sagas islandaises, L'homme qui savait la langue des serpents révèle l'humour et l'imagination délirante d'Andrus Kivirähk.
Le roman qui connaît un immense succès depuis sa parution en 2007 en Estonie, retrace dans une époque médiévale réinventée la vie d'un homme qui, habitant dans la forêt, voit le monde de ses ancêtres disparaître et la modernité l'emporter.
Y A-T-IL UNE SUITE ? Non.



©️ aurélie

Ton avis
RÉSUMÉ PERSONNEL :  L'histoire se passe dans une Estonie du Moyen-Âge imaginée par l'auteur où la magie des contes et des légendes locales existent. Le récit suit un jeune homme nommé Leemet qui vit avec sa famille dans une immense forêt. Le peuple de Leemet mène une vie simple et paisible et suit des traditions immémoriales dont la particularité est de parler la langue des serpents. C'est une langue magique qui permet de communiquer avec les serpents et de faire obéir la plupart des animaux. Ainsi, la vie dans la forêt est facile, on mange du chevreuil, on élève des louves pour leur lait et on voisine avec les ours.
Cependant, le mode de vie de Leemet se retrouve menacé. La région est christianisée, les habitants se regroupent dans les champs pour former des villages. Peu à peu, la forêt de Leemet se vide de ses habitants qui sont attirés par ce nouveau style de vie. Ceux-ci renient d'où ils viennent et vont même jusqu'à oublier la langue des serpents. Leemet assiste impuissant à cet exode.
LE LIVRE EN UN MOT : Drôltalgique.
UNE CITATION :  « Il se trouve que je suis le gardien. Et que les gardiens se doivent de choisir un successeur avant de mourir. Tu conviendras que le choix n'est pas bien difficile, à part toi il n'y a plus personne. »
UNE NOTE SUR 10 : 7,5/10.
TON AVIS : L'homme qui savait la langue des serpents est un pamphlet prenant la forme d'un conte. L'univers de la forêt est enchanteur avec des animaux qui parlent et surtout avec ses mythes et ses légendes. Le récit est raconté sur un ton assez léger non dénué d'humour. Il y a un côté Princesse Mononoké avec une ôde à la nature où le peuple de Leemet vit en parfaite symbiose avec la forêt. Au-delà de ça, ce que critique l'auteur à travers cette oeuvre est la fragilité des petites cultures vouées à s'éteindre. Le personnage principal assiste tout à fait impuissant à la disparition de son peuple et surtout du souvenir de celui-ci. Plus personne ne connaît la langue des serpents et même plus personne ne se souvient que jadis, des hommes vivaient dans la forêt. Ces bons chrétiens, ayant oublié comment parler avec les serpents, vont jusqu'à les tuer alors que ceux-ci étaient considérés comme leur égaux autrefois. On retrouve donc le conflit entre les traditions et la modernité. L'auteur traite le sujet avec intelligence et évite d'en faire quelque chose de manichéen. Il présente les attraits de la modernité auxquels beaucoup ont cédés, mais aussi des inconvénients (comme l'aliénation de l'homme au travail des champs). Tandis que dans la forêt, la nourriture vient facilement à l'homme (en donnant des ordres aux animaux) mais les derniers habitants sont les moins sympathiques du livre. Au final on ne tombe pas dans le mépris que ce soit pour le peuple de la forêt ou les chrétiens et on se sent seulement désolé pour celles et ceux qui ont changé de camp : ils sont gentils mais ce sont des idiots.
J'avoue que plus j'avançais dans le récit, et plus celui-ci me déprimait malgré la plume légère de l'auteur. Le côté enchanteur du début du livre disparaît peu à peu pour faire place à la solitude immense et au fatalisme du personnage. Le lecteur est témoin de la disparition d'une culture aux traditions soit-disant immémoriales. Mais ce qui est encore plus dramatique dans bouquin est l'oubli. Ce peuple s'efface complètement de l'Histoire. Personne ne s'en souvient, il n'existera plus et n'aura d'ailleurs jamais existé, tout comme la langue de serpent. Le personnage de Leeme (qui d'ailleurs est incapable d'évoluer) tente de sauver sa culture et d'arrêter ce processus. Mais il se rend compte que c'est trop tard, et que cela était déjà le cas bien avant sa naissance. Une course contre la montre à laquelle il a perdu d'avance.

Andrus Kivirähk signe un très beau pamphlet qui fait à écho à l'Histoire de son pays (et à son voisin la Lituanie aussi, pour avoir étudié le sujet à la fac) mais qui a une portée tout à fait universelle et qui sera toujours d'actualité. Enfin, je rajouterai que ce livre démontre très bien aussi la vitesse à laquelle ce processus a pu avoir lieu chez certaines civilisations qui ont pourtant mis de très nombreux siècles à se développer.
À QUI LE CONSEILLES-TU ? À partir de 15 ans.





Dernière édition par Jacana le Dim 8 Juil - 18:37, édité 2 fois (Raison : Corrigé par L'erreur sociale)
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