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 Songe à la douceur

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L'erreur sociale


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MessageSujet: Songe à la douceur   Mar 4 Sep - 9:33

Songe à la douceur
Clémentine Beauvais



informations
TITRE D'ORIGINE : Songe à la douceur
DATE DE PARUTION : 2016.
NOMBRE DE PAGES : 240.
ÉDITION DE TON LIVRE : Sarbacane.
QUATRIÈME DE COUVERTURE :
Quand Tatiana rencontre Eugène, elle a 14 ans, il en a 17 ; c’est l’été, et il n’a rien d’autre à faire que de lui parler. Il est sûr de lui, charmant, et plein d’ennui, et elle timide, idéaliste et romantique. Inévitablement, elle tombe amoureuse de lui, et lui, semblerait-il, aussi. Alors elle lui écrit une lettre ; il la rejette, pour de mauvaises raisons peut-être. Et puis un drame les sépare pour de bon. Dix ans plus tard, ils se retrouvent par hasard. Tatiana s’est affirmée, elle est mûre et confiante ; Eugène s’aperçoit, maintenant, qu’il la lui faut absolument. Mais est-ce qu’elle veut encore de lui ?
Y A-T-IL UNE SUITE ? Non.



©️ aurélie

Ton avis
RÉSUMÉ PERSONNEL : /
LE LIVRE EN UN MOT : Éthéré.
UNE CITATION :
Bien qu’Eugène trouve tout amour parfaitement bête
il adore voir Lensky si possédé d’Olga.
Il adore se dire qu’un jour le soleil engloutira
jusqu’à cet amour-là, qui est si pur, comme du citron,
si clair comme un reflet de fenêtre ;
cet amour-là qui défie la raison,
il sera englouti aussi.
Eugène est ravi.
C’est pour lui la preuve ultime
de l’absolue insignifiance de l’être.
UNE NOTE SUR 10 : chépa/10
TON AVIS :
Songe à la douceur est une réécriture du roman en vers d’Alexandre Pouchkine, Eugène Onéguine, transposé dans un contexte contemporain avec des personnages tantôt adolescents, tantôt jeunes adultes — la narration oscille entre deux périodes de la vie de nos protagonistes, Eugène et Tatiana, passant régulièrement d’un été de leur adolescence en 2006 à leurs retrouvailles en 2016, et vice-versa. Songe à la douceur est également une exploration du sentiment amoureux, de ses multiples facettes et secrets inavoués.

Je suis très mitigé par rapport à ce livre (et cela m’embête d’ailleurs de le chroniquer seul alors que, des personnes dont je sais qu’elles l’ont lu, je dois avoir l’avis le moins pertinent et le plus cassant de toutes). Parce que c’est un excellent livre, de très bonne qualité, mais qu’il m’a laissé profondément indifférent tout du long. Cette lecture est une constellation d’arguments conflictuels, entre mes sentiments spontanés qui n’ont pas accroché du tout à son contenu et mon intellectualisation de celui-ci qui ne peut que constater qu’il s’agit d’un roman remarquable.

Un point marquant à noter est le travail phénoménal sur la langue. Particulièrement poétiques, les phrases coulent toutes seules, les jeux métrés et phonétiques offrent des mélodies, des rythmes doux, légers, fluides et, somme toute, beaux. C’est véritablement une merveille de français que l’écriture de ce roman. Pour autant, l’hétérogénéité des registres employés, passant d’une métaphore fabuleuse du rire d’Eugène comme un perce-neige au fait qu’Eugène a « la trique », d’alexandrins rimés à des « Putain j’arrive pas à parler » — quoiqu’on pourrait argumenter qu’elle offre un réalisme particulier (mais je ne suis pas en recherche de réalisme dans mes lectures, sinon je ne lirais pas grand-chose) — m’a paradoxalement sorti de la lecture et a compromis l’immersion que je pouvais ressentir.

De même, si l’utilisation des vers libres (le roman de Pouchkine était lui aussi en vers) comporte pas mal de bonnes idées (représentation spatiale de ressentis, mise en tension de situations opposées, évocation de l'interchangeabilité de concepts semblant pourtant singuliers...), j’avoue ne pas y avoir trop accroché, notamment parce que je reste persuadé que l’utilisation de la prose n’aurait pas beaucoup enlevé à l’ensemble — ni le rythme, ni le cœur —, mais qu’en plus de cela la disposition parfois anarchique des mots gêne la régularité de la poursuite oculaire (sans pour autant que ce soit trop délétère — sur ce point il faut avouer que je pinaille beaucoup red).

Enfin, l’intrigue n’a pas su m’accrocher. Parce que l’histoire d’Eugène et de Tatiana, en soi, ne m’intéresse pas (j’étais bien plus captivé par la flamboyance tragique de Lensky, et j’aurais vraiment apprécié qu’on parle plus de lui), et que le genre de la romance, en réalité, ça n’est pas mon truc. Lors d’une discussion avec @Enorah, celle-ci m’a avoué qu’elle voyait moins Songe à la douceur comme une romance et plus comme la mise en scène des sentiments amoureux (ce que c’est, bien évidemment, mais ces deux identités coexistent à mon sens) et, de fait, comme une exploration de la psyché humaine. Et peut-être est-ce alors parce que je vois le monde différemment et que je n’ai jamais trop expérimenté les sentiments amoureux comme ils sont décrits dans ce livre que je n’ai pas réussi à entrer dans son histoire et dans sa dimension probablement cathartique pour certain·e·s.

Enfin, certaines références m’ont beaucoup fait rire (notamment l’apparition du trombone de Microsoft Word à un moment-clef) mais je me demande à quel point elles peuvent être datées, obsolètes, pour un·e adolescent·e d’aujourd’hui (Songe à la douceur a paru en 2016, je le rappelle), et à quel point il ne s’agit pas davantage d’un livre destiné aux jeunes adultes. À voir. Ceci étant dit, je trouve super intéressant le parallèle fait entre 2006 et 2016, et de voir l’évolution des comportements, des sentiments, des problématiques posées par l’évolution des technologies et des modes de communication. C’était chouette.

Donc voilà. Plutôt partagé, parce que je n’ai pas aimé mais qu’il s’agit d’un excellent livre, dont je comprends qu'il ait pu plaire, et que je recommanderais pourtant à tout le monde sans être moi-même trop convaincu. Cette dichotomie contradictoire rend la critique difficile, et j’espère ne pas trop m’être éparpillé. eheh
À QUI LE CONSEILLES-TU ? À tout le monde, je dirais... à partir de 12-13 ans ?




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Dernière édition par Aurélie le Mar 4 Sep - 10:09, édité 1 fois (Raison : Corrigé par Aurélie)
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