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 La guerre n'a pas un visage de femme

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Lady Swan


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MessageSujet: La guerre n'a pas un visage de femme   Lun 4 Fév - 18:00

La guerre n'a pas un visage de femme
Svetlana Alexievitch



informations
TITRE D'ORIGINE : /
DATE DE PARUTION : 2004.
NOMBRE DE PAGES : 415.
ÉDITION DE TON LIVRE : J'ai Lu.
QUATRIÈME DE COUVERTURE : La Seconde Guerre mondiale ne cessera jamais de se révéler dans toute son horreur. Derrière les faits d'armes, les atrocités du champ de bataille et les crimes monstrueux perpétrés à l'encontre des civils, se cache une autre réalité. Celle de milliers de femmes russes envoyées au front pour combattre l'ennemi nazi. Svetlana Alexievitch a consacré sept années de sa vie à recueillir des témoignages de femmes dont beaucoup étaient à l'époque à peine sorties de l'enfance.
Après les premiers sentiments d'exaltation, on assiste, au fil des récits, à un changement de ton radical, lorsque arrive l'épreuve fatidique du combat, accompagnée de son lot d'interrogations, de déchirements et de souffrances. Délaissant le silence dans lequel nombre d'entre elles ont trouvé refuge, ces femmes osent enfin formuler la guerre telle qu'elles l'ont vécue. Un recueil bouleversant, des témoignages poignants.
Y A-T-IL UNE SUITE ? Non.



©️ aurélie

Ton avis
RÉSUMÉ PERSONNEL : /
LE LIVRE EN UN MOT : Nécessaire.
UNE CITATION : « Est-ce que je trouverai les mots qu'il faut ? Je peux raconter comment je me battais. Mais raconter comment je pleurais, ça non, je ne peux pas. Cela restera non dit...
Vous êtes écrivain. Inventez quelque chose. Quelque chose de beau... Pas d'aussi atroce que la vie... »
UNE NOTE SUR 10 : 10/10.
TON AVIS :
Ce livre est composé de témoignages de femmes ayant participé de près ou de loin à la Deuxième Guerre Mondiale dans les pays de l’Union Soviétique. Ces femmes occupaient tous les postes autant dans l’armée que dans l’effort de guerre. L’auteure a recueilli ces témoignages pendant plusieurs années. Il s’agit de vraies conversations qu’elle a eu avec ces femmes qui ont été mise à l’écrit. Après avoir recueilli tous ces récits, Alexievitch a effectué un tri et a organisé le livre en différentes parties. Les récits ne sont pas regroupés par thèmes à proprement parler, car tous les récits reprennent des idées semblables (enrôlement, difficultés personnelles, histoires familiales, contact avec la mort, etc.). Je pense que les différentes parties sont présentes pour donner une certaine structure, mais ce n’est pas une structure rigide. L’auteure a fait une sélection parmi les milliers de témoignages amassés et les a agencés selon les aspects de la guerre qu’elle entendait traiter. Je ne crois pas que ce soit une action totalement consciente, mais le tri est nécessaire pour que le livre ait un effet et une cohérence. L’auteure participe à la narration. Elle insère sa voix entre les témoignages et retranscrit parfois ses discussions avec les femmes bien que la majorité des témoignages soit plutôt une succession d’histoires individuelles. Elle ajoute toujours à la fin de chaque partie le nom et l’occupation de la personne qui raconte. Le « Je » change à tout instant et lorsqu’on lit le livre d’un coup, on fini par oublier que ce sont toutes des femmes différentes. Ce sont à la fois des témoignages individuels et une dimension collective.

L’aspect du récit qui m’a le plus marqué est la question de la féminité. Les femmes ayant participé à la guerre n’étaient plus considérées comme de « vraies » femmes lorsqu’elles sont revenues à la vie civile. Elles sont devenues comme des hommes et avaient donc perdues leur féminité. Elles n'étaient plus "bonnes à marier". En ayant participé à la guerre et donc en ayant vécu des expériences qui ne sont pas connues des « civils », elles ont acquis une monstruosité. Ce sont les témoignages qui m'ont le plus brisés le cœur, car c'est une injustice. Elles n'ont pas acquis la reconnaissance qui leur était dû.

Le travail d’Alexievitch est important, car il questionne l’écriture de l’Histoire. L’Histoire est-elle réellement objective ? Les manuels d’histoire sont écrit par gens qui ne peuvent que prétendre à l’objectivité, mais n’y arriveront jamais vraiment. La participation des femmes à la guerre est souvent mise de côté. On connaît les témoignages des hommes. C’est le sujet de tous les livres et de tous les films, mais l’expérience des femmes est complètement mise de côté, car ce ne sont pas des témoignages de stratégie militaire. Ce sont des témoignages plus proches du quotidien, des obstacles considérés sans importance comme le fait de devoir couper ses longues tresses. Plusieurs femmes se rappellent ce moment, un moment de transition entre la vie civile et la vie militaire, l'enfance et l'âge adulte, mais ce n'est pas le genre de choses qui intéressent les livres d'Histoire.

Elles ont dû se battre pour qu’on les accepte à la guerre, pour qu’on les reconnaisse comme étant des soldats légitimes. Elles doivent encore se battre pour réintégrer la vie civile et mener une vie la plus normale possible. Et finalement, elles n'obtiennent pas la reconnaissance qui leur est due dans l'Histoire. C'est pourquoi je recommande cet ouvrage. Une lecture nécessaire qui répare, à sa manière, une longue injustice, qui ébranle la conception que l'on a de l'Histoire et qui donne (enfin) une voix à des femmes incroyables !
À QUI LE CONSEILLES-TU ? À tout le monde ! What a Face




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"La seule connaissance authentique naît de l'amour universel. Lorsque nous aimons, nous souffrons de toutes les formes d'oppressions et de toutes les dictatures: et nous désirons lutter pour la liberté , pour la justice, et pour tous ce qui peut favoriser la dignité humaine" Antoni Tàpies, "La pratique de l'art"

Crédits pour l'avatar: Gritsou


Dernière édition par L'erreur sociale le Mar 5 Fév - 18:52, édité 2 fois (Raison : CPG)
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