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 Danse avec les lutins

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L'erreur sociale


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Danse avec les lutins _
MessageSujet: Danse avec les lutins   Danse avec les lutins EmptyLun 7 Oct - 17:17

danse avec les lutins
catherine dufour


Danse avec les lutins 51ts3AHHpmL

informations
TITRE D'ORIGINE : Danse avec les lutins
DATE DE PARUTION : Mai 2019.
NOMBRE DE PAGES : 240.
ÉDITION DE TON LIVRE : L’Atalante (collection La Dentelle du Cygne).
QUATRIÈME DE COUVERTURE :
« La fée haussa les épaules :
— Ces jeunes sont aussi agréables qu’une descente de moustiques. Que veux-tu qu’ils fassent de pire que brailler, tout casser, écrire des gros mots sur les murs et flanquer le feu aux charrettes ? Se mettre à descendre tout le monde en pleine rue ?
— Et ton coach sportif, demanda Pétrol’Kiwi en arrachant un étage de champignons d’un coup sec, il a des nouvelles de Figuin, de son côté ?
— Aucune. Je me demande si c’est un signe. Figuin adorait faire du sport. Il n’aimait que ça, à vrai dire.
Pétrol'Kiwi se figea, champignons en main.
— S’il a renoncé au plaisir de sa vie, grogna-t-elle, je crains qu’il fasse en sorte que ça ne dure pas trop longtemps.
— Quoi ? D’arrêter le sport ?
— Ça. Ou la vie. »

Un roman de fantasy, avec des elfes, des lutins, des fées, des bourdons magiques... et des métis ogro-nains. Dans l’immense ville de Scrougne, un garçon nommé Figuin vit très mal le racisme et la misère auxquels il est confronté. C’est alors qu’entre en scène un banquier... Froid, inusable, immensément riche, il cherche à l’être plus encore. Il décide de creuser un fossé au milieu de la population, afin de jeter une moitié aux trousses de l’autre – qui lui achètera des armes au passage. Il lui faut un garçon un peu paumé à endoctriner, pour l’envoyer se faire exploser au milieu d’une fête de quartier.

Catherine Dufour, avec la verve qui a fait le succès de Blanche Neige et les lance-missiles, renoue avec la fantasy pour mieux dire les désordres du monde dans lequel nous vivons, et les peines immenses qu’ils engendrent.
Y A-T-IL UNE SUITE ? Non.


Danse avec les lutins 810
© aurélie

Ton avis
RÉSUMÉ PERSONNEL : /
LE LIVRE EN UN MOT : Percutant.
UNE CITATION : /
UNE NOTE SUR 10 : 😮/10
TON AVIS :
J’ai pioché Danse avec les lutins un peu par hasard en librairie. Je n’avais pas vraiment entendu parler de Catherine Dufour, je savais juste qu’elle avait participé à une conférence au côté d’Alain Damasio. Et je m’étais dit que c’était suffisamment pour acheter un roman d’elle. Le premier qui apparaîtrait sur les étagères. Danse avec les lutins.

Et je n’ai pas été déçu. Loin de là.

Danse avec les lutins nous campe un monde riche, plein de féeries diverses : lutin·e·s, farfadets, sylvains et ondines côtoient korrigans, nixes, sylphides, elfes et tout un tas d’êtres hybrides, issus d’un brassage toujours plus cosmopolite. Et surtout, surtout, les ograin·e·s. Mi-ogres, mi-nain·e·s, iels consomment tout ce qui est consommable, détruisent tout ce qui est destructible et monopolisent tout le reste. Ils assimilent, tuent, mentent en toute impunité et… et, finalement, ils me font penser à une certaine espèce humaine. Coïncidence, je suppose.

Sur la forme, Catherine Dufour n’échappe pas à la comparaison avec Terry Pratchett. Leur prose relève d’un rythme et d’une fluidité similaire, la construction de leur récit et de leurs personnages d’un tissu qu’on pourrait aisément confondre. De même que leur façon d’insérer des références culturelles dans leur texte : chez Dufour, on trouvera ici une trace d’El Desdichado, là une invocation de Victor Hugo, entre les deux un fragment de discours politique... Et ça n’est pas du tout un reproche ! J’apprécie beaucoup la force évocatrice de Pratchett et la façon qu’ont ses récits de couler tout seuls, et je suis ravi de les retrouver ici, d’autant plus que Danse avec les lutins est loin d’être une pâle copie sans identité propre (je parlerais davantage d’inspiration évidente que de réelle imitation). Le travail de la langue qu’effectue Catherine Dufour, par exemple, est de toute saveur et bien distinct de tout ce que j’ai lu jusqu’à présent.

Mais c’est surtout sur le fond que Catherine Dufour se démarque. Non contente d’offrir une histoire captivante à suivre, elle nous présente surtout un terreau de réflexions assez dense. En vrac, il est question de : racisme, appropriation culturelle, extermination de cultures, radicalisation idéologique, lutte des idées, terrorisme, écologie, lutte des classes, mondialisation, agriculture déraisonnée, colonisation (et la notion de responsabilité d’un peuple)... c’est vaste. Et tout cela en seulement 240 pages, avec une justesse de propos implacable. Alors certes, elle n’a pas le temps de développer dans le détail tous ces thèmes, chacun d’entre eux mériterait un essai à lui tout seul. Mais il n’empêche que son récit est profondément criant de vérité, ancré dans une réalité qu’on ne connaît que trop bien. Car sous des aspects enchanteurs et magiques, sous cette façade de créatures imaginaires et de sociétés fictives, c’est bien notre Occident écrasant que dépeint Catherine Dufour. Avec une sacrée exactitude (même si l’on pourra critiquer que le dénouement en altère un peu la force en faisant d’un problème jusqu’alors systémique un souci individuel).

Ça n’est pas un roman drôle. Enfin, si l’on rit, c’est d’un rire jaune plein de cynisme et d’un peu de désespoir. Ou parce que telle ou telle situation est absurde dans le contexte. Et certains moments sont assez pesants qui l’auraient été davantage si les personnages avaient été de réel·le·s humain·e·s. Mais ce fut une lecture très intéressante que je n’ai pas vu passer. Et que je recommande chaleureusement. Je suis curieux de découvrir le reste de l’œuvre de Catherine Dufour.
À QUI LE CONSEILLES-TU ? Tout le monde, dès l’adolescence je dirais ? (Je suis toujours nul pour évaluer à partir de quel âge il devient pertinent de conseiller tel ou tel livre.)



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