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 Entre fiction et réalité

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marcelin


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Entre fiction et réalité _
MessageSujet: Entre fiction et réalité   Entre fiction et réalité EmptyLun 6 Mar - 20:30

Bonjour,


je suis chilien de naissance, et habite maintenant en France, mais j'ai la nostalgie du Chili. J'y ai effectué plusieurs voyages récemment.

J'ai écrit un livre dans lequel je parle de toute mon expérience. Ce roman s'intitule "entre fiction et réalité" paru sous le pseudo "jean-paul Marcellin" aux éditions le lys bleu.

Il est dispo en format numérique ou broché chez Amazon, la Fnac, Decitre ...

En voici un cours extrait :


"Jean-Paul Marcellin













Entre fiction et réalité

Roman


















Aux passionnés d’aviation,

Aux passionnés de montagne et de voyages,

pour tous ceux et celles qui prennent de la hauteur. 






Présentation générale




La particularité et l’originalité de ce livre sont qu’il permet au lecteur d’avoir trois histoires pour le prix d’une : en première partie, on trouve une fiction romancée, la vie rêvée de l’auteur ; puis, en deuxième partie, on découvre le roman de la vie réelle et ordinaire de l’écrivaillon que je suis ; et enfin, en troisième partie, le récit de la vie cauchemardée de l’auteur. Une alternance entre fiction et réalité, voilà ce qui est proposé dans ce modeste écrit.

On suit donc dans une première partie (la fiction) les aventures d’un commandant de bord, surdoué et charismatique, entraîné dans une spirale folle d’événements, de dangers, d’accidents et de catastrophes aériens, de rebondissements amoureux. Le commandant de bord narre ses aventures et les diverses turpitudes auxquelles il est confronté tout au long de sa carrière, qui n’a rien d’un long fleuve tranquille. Cette première partie donne l’occasion au modeste auteur du présent récit de se lâcher littéralement, et d’assouvir tous ses fantasmes longtemps refoulés.

Dans une deuxième partie, on découvre le récit de la vie réelle, ordinaire, et quelquefois extraordinaire, de l’auteur de cet ouvrage, né au Chili, sans aucun fard ni filtre. Le lecteur pourra ainsi découvrir dans cette deuxième partie les sources d’inspiration de l’auteur, qui ont servi à élaborer la fiction de la première partie et le récit de la troisième partie. Cette deuxième partie est plus conventionnelle que la première.

Dans une troisième partie, on trouve la version d’une vie cauchemardesque de l’auteur, avec toutes ses angoisses, ses hantises, ses échecs et ses malheurs.

On découvrira dans ces récits fictifs et réels un grand nombre d’informations sur les avions et la passion de l’aviation en général, sur l’amour absolu de la montagne, de nombreuses descriptions du pays natal de l’auteur (le Chili), ainsi qu’une multitude de réflexions sur la vie en général, et notre modeste condition d’artisan de l’existence en particulier, et des conseils divers et variés, qui n’engagent que l’auteur, pour tenter d’agrémenter un tant soit peu notre passage sur Terre.

Ainsi, la première partie est destinée, entre autres, aux passionnés d’aviation, et la deuxième partie est une pure ode à la nature, la montagne et les voyages. 


















Le dernier voyage 






Préambule




Je suis confortablement installé, un café à la main, dans le bureau du directeur général (DG) de la compagnie, situé au siège social, à Paris. Et ceci sur convocation pressante du grand chef, un bel homme, grand et massif, proche de la cinquantaine, cheveux grisonnants et regard perçant, que je connais personnellement pour l’avoir côtoyé de près à l’occasion de mon « grand accident » il y a très exactement dix ans, jour pour jour. Il a l’habitude d’aller droit au but et de s’exprimer dans un langage lapidaire et limpide, comme tous ceux qui commandent et sont obéis. C’est donc très direct, qu’il m’annonce ce qui suit.


« Marc, je vous considère finalement comme notre meilleur commandant de bord, et le plus expérimenté, et je ne suis pas sans savoir que vous allez prendre une retraite largement méritée dans deux semaines. Je n’ignore pas non plus que vous avez définitivement renoncé à toute rotation entre Paris et Santiago du Chili, et ce malgré vos origines natales chiliennes. Ceci après votre fameux et terrifiant accident sur cette ligne, qui eut alors un retentissement mondial, en ayant engendré le traumatisme et la petite polémique que nous connaissons. Vous étiez alors, à l’époque, je me souviens, bien soulagé de finir ensuite votre carrière exclusivement sur la liaison Paris – Los Angeles – Papeete.

Cependant, je vais vous demander un ultime service pour la compagnie. Le Président du Chili et sa famille doivent entreprendre un voyage à Paris dans une semaine, et pour pouvoir emprunter un vol direct entre Santiago et Paris, ils ont décidé de nous faire confiance en privatisant complètement la première classe d’un vol commercial. Connaissant votre réputation de commandant de bord émérite et vos origines, le Président demande expressément à ce que ce soit vous qui pilotiez cet Airbus A350. Il souhaite à cette occasion faire votre connaissance et voyager dans des conditions de sécurité optimales pour lui et sa famille. Et cela ne vaudra que pour le voyage aller du Président car, au retour, ils passeront par Madrid (vous connaissez les liens étroits du Chili avec l’Espagne) et emprunteront alors un vol direct Madrid – Santiago sur une autre compagnie.

Après cette formalité, vous pourrez partir à la retraite, le devoir accompli et l’esprit serein. J’ajoute que pour cette ultime rotation, nous convoquerons votre équipage habituel, que vous fréquentez depuis de longues années sur la ligne Paris – Los Angeles – Papeete et avec lequel vous êtes habitué à voler (je crois que vous l’appelez vous-même votre dream team). Ainsi ils pourront tous marquer le coup en vous accompagnant pour votre dernier vol en tant que commandant de bord. Le départ vers le Chili est prévu après-demain et, après quatre jours de repos sur place, vous ramènerez le Président en France. Je précise par ailleurs que l’A350 sera complet en classe économique, du fait du début concomitant des vacances au Chili, et transportera des Chiliens désireux d’admirer la tour Eiffel.

Et puis, mais est-il nécessaire de vous le rappeler, lors de votre ultime rotation au Chili, vous nous aviez perdu un triple sept quasi neuf (B777), alors tâchez de ne pas recommencer avec l’A350 sorti d’usine que nous vous confions cette fois-ci, mais je plaisante, bien sûr. »


Je comprends tout de suite que je n’ai pas le choix et suis bien obligé d’accepter. Dans l’affaire, je ne suis qu’un subordonné, malgré mon niveau d’études très largement supérieur à celui du DG, dont j’aurais pu être le chef, si je n’avais pas suivi une autre voie que celle à laquelle j’étais promis, comme on va le découvrir par la suite.


J’éprouve un très mauvais pressentiment qui me prend aux tripes quasi instantanément. D’autant plus que les dernières paroles du DG ne sont pas du tout faites pour me rassurer, au contraire, même si elles ont été prononcées sur le ton de la plaisanterie. J’ai toujours appris à me méfier de mes prémonitions, et les rares fois où je ne l’ai pas fait, j’ai souvent eu des problèmes, parfois même graves, comme en témoigne le fameux accident que je relaterai plus loin, qui survint sur un trajet pour lequel j’avais déjà eu des réticences, car il s’agissait d’un remplacement de dernière minute, et que j’avais déjà très mal pressenti à l’époque…


Pour l’heure, je me sens vraiment contraint, à vrai dire, mais, encore une fois, quand j’ai été tenté de faire quelque chose à contrecœur, j’ai toujours préféré renoncer pour éviter le pire. Dans le cas contraire, cela s’est souvent traduit par des accidents, des blessures physiques ou psychiques. Par exemple, je me suis cassé assez gravement une cheville après être parti tout de même en montagne un jour où je n’avais pas envie d’y aller. Ou encore, par faiblesse, je n’ai pas su renoncer à temps à des relations amicales ou amoureuses qui se sont révélées toxiques et source d’ennuis à n’en plus finir par la suite, en n’écoutant pas mon instinct qui me conseillait de rompre à temps.


On dit qu’il ne faut pas trop s’écouter non plus, sinon on ne ferait rien. Comme le remarquait fort justement le philosophe Pascal, tous nos malheurs proviennent du fait que l’on ne sait pas rester tranquille chez soi. Mais il est bon aussi de savoir se forcer et conjurer le sort. En sport, excellente école de la vie, c’est exactement pareil. Si on s’écoute trop et si on ne flirte jamais avec les limites, on ne risque pas de progresser. En revanche, si on en fait trop, trop souvent, on risque l’accident. Il faut savoir apprendre de ses erreurs. L’expérience et l’âge nous révèlent nos limites, celles qu’il ne faut pas dépasser. Dans la vie et le sport, c’est pareil. Combien d’années, combien de revers pour se connaître ?







Chapitre 1

Retour vers le passé




Les origines


Tout a commencé à la fin des années cinquante, quand nous faisions régulièrement, mes parents et moi (j’étais fils unique), des aller-retour entre Santiago du Chili et Paris. Dans les tout débuts, à bord des derniers quadrimoteurs à hélices Super Constellation, puis en quadriréacteur B707, avec escale obligée à Pointe-à-Pitre. Escale rendue nécessaire par le rayon d’action insuffisant de ces appareils, incapables de parcourir d’une traite la distance Santiago – Paris qui est de l’ordre de 12 000 km.


Le Lockheed Super Constellation volait à une vitesse de croisière de 490 km/h avec une distance franchissable d’un peu plus de 8 000 km. Ces performances étaient déjà bien supérieures pour le Boeing B707, qui fusait à une vitesse de croisière de 700 km/h et pouvait parcourir une distance franchissable de plus de 10 000 km. Rien à voir cependant avec les performances actuelles d’un Airbus A350 de dernière génération dont le rayon d’action peut atteindre 17 000 km, et la vitesse de croisière approcher les 1 000 km/h.



















Roman d’une vie ordinaire 






Introduction




Bien sûr, le titre « roman d’une vie ordinaire » peut paraître un peu prétentieux, mais je le préfère à celui plus galvaudé de « mes mémoires », ou bien à celui à consonance un peu auto-dérisoire de « la comédie de ma vie ». Ne voyez donc nulle prétention dans le titre que j’ai choisi, car je suis persuadé, d’une part, que toute vie, la mienne ne faisant pas exception, est passionnante et mérite d’être vécue ; et que, d’autre part, si on veut bien se donner la peine de fouiller un peu, le déroulé de toute vie s’apparente souvent à un roman, avec ses rebondissements, ses hauts, ses bas, le plus souvent d’ailleurs avec davantage de malchances et de malheurs que de chances et de bonheurs, tout le monde l’a remarqué, je pense.


Et tout cela dans le contexte de ce bas monde qui déborde par ailleurs d’injustices et d’événements révoltants. Mais assez, ne tombons pas non plus dans le mélo et le pessimisme noir, sinon nous allons tous nous mettre à pleurer sur notre vie et le sens même de la vie. Je veux juste donner dans cette partie un exemple de vie réelle, avec les faits bruts, rien d’autre, en toute honnêteté. J’en profiterai aussi pour vous transmettre dans ce texte une partie de mon expérience pratique de la vie acquise au fil des années écoulées.


Au-delà de toute existence qui peut en apparence sembler ordinaire, on peut toujours mettre en lumière des événements extraordinaires. C’est ce que je veux aussi montrer dans cet exercice. La vie, c’est aussi une comédie permanente (qui peut tourner facilement à la tragédie), que l’on joue auprès des autres et, aussi, surtout, auprès de soi-même. Je vais donc me livrer à une compilation des anecdotes et événements cocasses, et plus ou moins tragiques, qui ont émaillé ma modeste existence.


Ce sont tous ces aspects de ma vie et de la vie de mes proches que je vais m’efforcer de mettre en exergue dans cette chronique d’une vie « ordinaire » qui sera pour moi aussi un exercice cognitif pour sauvegarder le peu de facultés intellectuelles qui me restent et qui s’amoindrissent inexorablement avec l’âge, et aussi un exercice de style, car je m’efforcerai en permanence d’être digne de la langue française que j’aime tant.


C’est donc, ce jourd’hui, jour du 63e anniversaire de ma tendre et douce épouse, Annie, que je couche sur le papier les premières lignes de ce roman de ma vie. Même si ma vie n’a rien d’exceptionnel, une vie ordinaire, somme toute, je montrerai que je peux la raconter sous la forme d’un roman, bien que je ne maîtrise aucunement l’art et la technique du roman. Mais l’avantage, c’est que je connais ma vie sur le bout des doigts et il n’est nullement question de l’édulcorer. Il suffira que je sois vrai. D’ailleurs, pour être honnête, il ne s’agit pas ici d’un roman à proprement parler, et je m’aperçois que je suis un peu trop prétentieux en présentant cet écrit de cette manière. Il s’agit plutôt d’une compilation bien ordonnée de faits et d’anecdotes de mon existence ordinaire, qui servira de canevas pour mes romans à venir. 







Chapitre 8

Ma principale passion, la montagne




Ma principale passion, ma passion absolue, c’est la montagne, et la nature en général, une passion peu visible, sinon peu intéressante et peu compréhensible pour le commun des mortels. C’est sûr que c’est moins impressionnant que certains hobbies à la mode. L’objectif de ce chapitre est donc de décrire par des mots tout ce que je peux ressentir à propos de la montagne, et surtout d’essayer d’identifier les raisons de cet amour sans faille pour la montagne et la nature. Je précise au passage que cela me fait vraiment plaisir que les randonneurs en montagne, ou dans la nature en général, soient de plus en plus nombreux sur les sentiers, et que cette activité soit devenue un peu le sport national de notre beau pays.


S’il vous est déjà arrivé d’être en extase, en contemplation ou en osmose (les mots ne suffisent quelquefois pas), devant un paysage alpin grandiose, et que vos compagnons, présents à cet instant magique à vos côtés, continuaient à deviser gaiement du dernier cru de bon vin qu’ils avaient avalé l’an dernier, ou du dernier résultat du match de leur équipe de foot préférée, et que vous ne compreniez pas pourquoi ils ne partageaient que très mollement à cet instant précis votre enthousiasme et votre exaltation (pourtant communicatifs) devant les blancheurs immaculées de l’Ailefroide, du Viso, et du panorama exceptionnel que vous leur décriviez, alors vous faites partie de cette espèce de contemplatifs incompris, dignes héritiers de notre maître à tous, à savoir le grand Jean-Jacques Rousseau. (Pour la petite histoire, le panorama dont je parle est visible aux alentours du sommet du col du Galibier.)


Combien de fois mon exaltation est-elle retombée comme un soufflé, tout simplement parce que mes camarades de promenade ne partageaient pas mon enthousiasme, et que je me voyais contraint et forcé de le réfréner au fond de moi-même ? « Ah, bon, c’est le Viso ? ». « Mais oui, c’est le Viso, et on se prosterne, s’il vous plaît, devant ce sommet admirable et mythique », aurais-je eu envie de leur répondre, mais à quoi bon ?


Il y en a bien qui sont capables de se mettre à genoux devant une assiette remplie d’un mets succulent (ce qui n’est pas incompatible avec la montagne, d’ailleurs), alors pourquoi pas devant le Viso ? C’est bien la preuve de l’absence de vraie communication, et de l’incompréhension qui règne souvent entre les individus, êtres soi-disant doués de raison que nous sommes, malgré tous les moyens de transmission évolués dont nous disposons, dont les premiers sont la parole et les mots pour tenter de décrire aux autres vainement nos sensations et nos sentiments.


S’il vous est arrivé de rêver de séjours prolongés dans un chalet d’alpage idyllique, et si possible totalement isolé (en compagnie cependant de votre moitié, du compagnon ou de la compagne de vos rêves, tant qu’à faire), si vous rêvez que votre vocation première était de devenir berger ou bergère, forestier à l’ONF plutôt que de moisir lamentablement dans un morne bureau dans une grande ville inhumaine, si vous vous émouvez encore au son des clarines des tarines entendu au détour d’un sentier dans la brume matinale, ou des cris stridents et joyeux de marmottes dans un pré ensoleillé, ou de la vision enchantée de mélèzes orangés et flamboyants sous un ciel bleu azur, en automne, dans les vallées de la Guisane ou de la Clarée, si vous avez du mal à réfréner votre impatience parce que votre compagne ou votre compagnon retarde ce matin votre départ pour une belle promenade, ou parce que le trajet en voiture s’éternise, alors que vous êtes en manque de montagne et que vous avez ressenti « l’appel » d’une manière pressante, si votre même compagne ou compagnon devient grincheuse ou grincheux au cours de la même promenade, et va jusqu’à vous faire une mini-scène (« ça monte trop fort », « ce n’était pas la peine de partir avec ce brouillard à couper au couteau »), et que cela gâche en partie le plaisir que vous étiez en train d’en retirer, alors vous serez à même de comprendre ma passion, et nous pourrons partager sans retenue entre nous cette même attirance pour les montagnes, nous retrouver dans un même élan, une même solidarité (n’ayons pas peur des mots, car de toute façon, ils ne suffisent pas à décrire cet amour inconditionnel des montagnes et de la nature qui nous poigne et qui nous serre le cœur).


Ceux qui ne comprennent pas cette attirance trouveront tout cela un peu risible et dérisoire face aux grands enjeux et aux hobbies plus dignes d’importance et souvent artificiels de notre société ; tant pis pour eux ; de même que ceux qui s’inquiètent que je ne prenne pas toujours part à leurs conversations (pendant les promenades, ou hors promenade), tout simplement parce que je suis parti ailleurs, dans mes rêves de montagne. La passion de la montagne est une passion et un loisir simple, et pour beaucoup, cela semble incompréhensible et dérisoire, ce ne peut être une passion digne d’intérêt, car elle demeure intérieure et cachée au fond de nous.


Je voudrais préciser que je suis en fait amoureux des montagnes, absolument de toutes les montagnes, sans exclusion, de la petite montagne sèche méditerranéenne de 300 m d’altitude au sommet des Grandes Jorasses, à plus de 4000 m, de la petite colline de 150 m d’altitude dans les contreforts du massif des Maures, à la cime débonnaire et majestueuse du Mont-Blanc. Le vrai amoureux de la montagne éprouve en fait une espèce de respect pour toute ondulation de terrain, que ce soient les collines qui entourent les méandres de la Seine au nord de Rouen, ou le mont Saint-Loup (ancien volcan), à proximité du cap d’Agde.













Récit d’une vie cauchemardesque 










Ma vie ne fut pas toujours rose, preuve en est le récit assez édifiant qui va suivre. Mon existence fut en effet une succession de malheurs et de désillusions, entrecoupée de très rares moments d’accalmie. On dit que le bonheur se mérite, qu’il est souvent le résultat d’un état d’esprit positif et optimiste, et d’une aptitude à effectuer sans cesse des choix judicieux allant dans le sens d’une construction durable du bonheur. Mais quelques fois, il n’y a rien à faire, la malchance et la fatalité s’acharnent sur nos existences, malgré tous nos vains efforts pour surnager et nous extraire de cette spirale infernale de malheur. Ce fut mon cas, et en dépit de quelques pensées suicidaires fréquentes, j’ai fait preuve malgré tout d’une grande résilience jusqu’à la fin de ma vie, malgré tous les malheurs successifs de mon existence.


Je suis donc né le 31 mars 1956 au Chili, fruit des amours de Jean et Jeanne, expatriés français, dans les conditions que l’on sait. Ma sœur Aline me rejoint quatre années plus tard. Les huit premières années de mon existence ressemblent à huit années de bonheur presque total ; jusqu’à ce que la fatalité et la malchance s’en mêlent.


Mes années au Chili sont donc mes meilleures années, dans l’insouciance de la jeunesse, avec mon papa, Jean, ma maman, Jeanne, et mon adorable petite sœur, Aline, de quatre ans ma cadette. Nous vivons dans un quartier huppé de Concepcion, ville où je suis né, et avons une multitude d’amis très sympathiques dans le proche voisinage. La vie me semble alors se profiler comme un long fleuve tranquille. Ce sont les années fastes de mon existence, et finalement les seules années heureuses. Tout le reste ne va être que malheur, affliction et désolation.


Heureux donc, jusqu’à ce qu’une aveugle et sombre fatalité nous frappe, s’en prenant injustement à nous. Mon père et ma mère rentrent tranquillement de leur travail à l’Université, en ce noir jeudi 2 avril 1964, les cheveux au vent dans la 2 CV parentale décapotée. La veille, nous venons de fêter dans la joie, simultanément, mes huit ans et les trente-neuf ans de mon père. C’est alors qu’au détour d’un carrefour, un camion fou surgit et emboutit toute la partie avant droite de la frêle 2 CV, ne laissant aucune chance de survie à ma mère, assise à la place dite du mort. Il est exactement 17 h 48 : nos vies viennent de s’arrêter brusquement avec le décès brutal de notre maman, et épouse chérie et adorée. Par chance, si l’on peut dire, mon père en sort totalement indemne, Nous ne nous en remettrons jamais, et une longue vie de galère pour les trois survivants commence, à la suite de ce funeste jeudi 2 avril 1964.


Après des premiers jours très douloureux, nous décidons de rompre avec le passé et de rentrer définitivement en France, en accompagnant dans le même avion la dépouille mortuaire de Jeanne. Nous allons pouvoir l’inhumer dignement dans le caveau familial de Chamoux, en Savoie, village où elle est née, et nous l’aurons ainsi près de nous, en France, pour perpétuer son souvenir. Enfin, on ne rompt jamais avec ce genre de passé, et comme on va le voir, nous allons réagir tous les trois très différemment face à ce malheur absolu. Nous allons être entraînés dans une déliquescence infernale de nos vies qui étaient jusque-là parfaitement heureuses et bien réglées."
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